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Michèle Mézard, la plus Rom des Gadgés

dimanche 1er avril 2001, par Nicolas Bégat

par Yannick Cavache

Pédiatre de formation, c’est en 1994 que Michèle Mézard « débute » dans l’humanitaire et rejoint Médecins du Monde. Elle est alors affectée à la mission Rom-Tsigane créée en 1992. Aujourd’hui, elle consacre, dit-elle, « 120 % de son temps » à la communauté Rom. Portrait

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« Je ne connaissais absolument pas cette communauté avant d’arriver à Médecins du Monde et si Catherine Richard (responsable de la mission banlieue) m’a confié la mission rom-tsigane, c’est tout simplement que la Ddass nous avait demandé de mettre en place une veille sanitaire auprès de la communauté des roms roumains nouvellement arrivée en banlieue parisienne. En tant que pédiatre, j’étais bien placée pour intervenir. Ma mission à l’époque était purement de terrain. Je me rendais sur les camps avec une infirmière et un-e interprète dans le principal but de détecter les maladies chroniques et infectieuses, de mettre en place des opérations de vaccination. Le but n’étant d’ailleurs pas de délivrer des soins mais d’aider les gens à y accéder. »

Des conditions de vie intolérables

Puis très vite, ses activités débordent le cadre de la mission initiale. Car la situation particulière des Roms entraîne des réactions en chaîne dont elle est obligée de tenir compte. Rapidement, la docteure Mézard se retrouve aux prises avec les communes, voire les préfectures, pour dénoncer les conditions de logements, faire intégrer les enfants dans les écoles, amener les mères jusqu’aux PMI.
Aujourd’hui, si elle intervient toujours sur le terrain, elle est par ailleurs très investie dans différentes actions, dont les PRAPS (Programmes Régionaux d’Accès à la Prévention et au Soin), inscrite dans groupe de travail sur « l’habitat en caravane ». Elle fait aussi partie de la commission consultative des gens du voyage, et intervient en tant que « personnalité qualifiée » au sein de deux groupes de travail, l’un sur des droits sociaux, l’autre sur l’habitat.

Des droits bafoués

Mais le plus gros chantier entrepris par Michèle Mézard, est sans nul doute la création de la mission Romeurope. Une « entreprise » financée par la commission européenne à laquelle ont participé 6 associations humanitaires en Espagne, Portugal, Grèce, Italie Allemagne France. Dans le but de faire un bilan de l’état de santé des divers groupes de Roms à travers l’Europe. Trois ans de travaux sous forme d’enquêtes et de questionnaires, remis à la commission européenne et qui ont donné lieu en octobre dernier à un Colloque Européen réunissant tous les spécialistes de la question Rom en Europe.
Si la mission Romeurope est terminée, Michèle Mézard elle, poursuit son action. Au niveau européen, avec un projet de mise en place réelle de plusieurs sites dans différents pays ; et plus spécifiquement au niveau français, en luttant pour la reconnaissance de la présence des roms sur le territoire. « La France bafoue tous les jours la dignité humaine en ne reconnaissant pas la présence des roms, en ne traitant pas leurs demandes d’asile légalement, une attitude plus qu’inadmissible », s’insurge-t-elle. Passionnée, combative et engagée, Michèle Mézard, on l’aura compris n’est pas prête à abandonner la partie.

Pour consulter les Actes du Colloque organisé par Romeurope : www.medecinsdumonde.org

P.-S.

Marie-Victoire Louis

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