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Les femmes ravies et enlevées au XVIIe siècle

lundi 1er mai 2000, par Nicolas Bégat

L’essai dense et précis de Danielle Haase-Dubosc s’est appuyé sur deux références essentielles : les affaires judiciaires et les romans de cette époque. Au XVIIe, le mariage est une affaire familiale et une affaire d’argent, les jeunes gens mineurs ne peuvent se marier sans le consentement et l’autorisation des parents, or, bien que l’homme acquière son statut de "majeur" à 30 ans et la jeune femme a 25 ans, le garçon a le droit de se marier dès 14 ans et la jeune fille à 12 ans. L’enlèvement devient alors la seule issue possible devant le refus des parents, mais loin d’être un enlèvement amoureux, il s’agit le plus souvent d’enlèvements motivés par l’appât de gains : ravissant une jeune héritière, un homme peut négocier pour obtenir le pardon de la jeune femme et conserver ses droits sur l’héritage. Dans les romans, "l’imaginaire de l’enlèvement" est tout autre, l’amour et la dignité de la femme semblent êtres les seules motivations. La romance est épurée de toutes considérations financières. A travers ces exemples de rapts pré-nuptiaux, c’est toute la conditions des femmes du XVIIe qui se révèle..
Danielle Haase-Dubosc, Ravie et enlevée. De l’enlèvement comme stratégie matrimoniale au XVII siècle, Albin Michel, Bibliothèque des Histoires, 480 p., 150F

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