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Zen ! Soyons zen !

mardi 1er janvier 2002, par Nicolas Bégat


Les talibans sont encagoulés et isolés de tout contact sensoriel au fin fond de Cuba sous la haute surveillance de soldats américains. Les Argentins se retrouvent sous haut contrôle policier. Les Palestiniens sont encerclés à Ramallah par les Israéliens qui les isolent par des armées de tanks. New York s’apprête à recevoir les anti-Davos à coup de lacrymogènes et de balles réelles... Mais quelles surprises nous réserve encore cette répression organisée et institutionnalisée ? Retour à la case départ... Le 11 septembre, vous vous souvenez ? La communauté internationale hurlait quasi à l’unisson à l’acte barbare et réclamait réparation voire vengeance. Qui peut encore croire qu’on peut réparer l’horreur par l’horreur, punir le crime par le crime, éradiquer la violence par la violence ? Combien de temps faudra-t-il encore clamer que l’humiliation appelle à la révolte, quelquefois au fanatisme et souvent à l’autodestruction ? Comment arrêter cet engrenage ? Comment rester calme ? Comment faire entendre à l’opinion publique que ces violences ressemblent comme leurs cousines aux violences que subissent les femmes, sans limites et toujours d’actualité - on le voit tous les mois dans ces colonnes ? Comment répéter que prostitution, agressions sexuelles, viols, incestes, mutilations... forment depuis très longtemps la partie immergée de cette terreur, bâtie sur la domination masculine ? S’attaquer à la criminalisation de la résistance des Palestiniens, des Argentins, des militants anti-mondialisation libérale...est un acte vain si l’analyse de cette répression, de plus en plus sophistiquée et tolérée, voire revendiquée, ne s’accompagne pas d’une conscientisation profonde des rapports sociaux de sexe. Dénoncer l’arrogance des dirigeants américains et de leurs alliées, les transnationales, ne peut se produire en faisant l’épargne de l’identification de la sphère privée à la sphère publique, autrement dit du privé au politique. Si les Américains ne savent pas pourquoi ils battent leurs ennemis, eux, le savent... Ça ne vous rappelle rien ?

P.-S.

Joelle Palmieri

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