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Et viva la rébellion !

lundi 1er janvier 2001, par Nicolas Bégat


5 jours d’effervescence constructive. 16 000 participant-es de 127 pays. 1 800 journalistes. Des femmes largement présentes et très actives dans tous les domaines : économique, politique, citoyenneté. Une manifestation colorée et résolue des Brésiliennes en plein forum pour exiger le droit à l’avortement et pour dénoncer les risques de l’emprise de Bush sur l’ensemble des pays de l’Amérique latine. Une déclaration finale des 400 parlementaires venus de dizaines de pays qui s’engagent, outre sur la Taxe Tobin, à relayer les revendications de la marche mondiale des femmes. Un brassage culturel et un enthousiasme extraordinaires de toutes les ONG déterminées à construire un autre monde. Des moments d’émotion qui vous font venir les larmes aux yeux quand les Africaines, lors de la séance de clôture, chantent devant 3 000 personnes, leur espoir et leurs combats. La colère de la représentante des mères de la place de mai à l’encontre des représentants de Davos lors du duplex Davos Porto Alegre. Deux mondes qui s’affrontent : celui du peuple, des femmes et celui des pouvoirs, des multinationales et des hommes, blancs et cyniques. Le plaisir de se parler, de se comprendre, d’éprouver une inattendue proximité entre les délégués de tous pays, de toutes couleurs. Le sentiment confus et intense de participer au début d’une nouvelle histoire de l’humanité, sans naïveté aucune quant à la capacité de l’adversaire libéral de s’organiser dans les mois qui viennent pour détruire ce mouvement mondialiste des genres et des peuples. Mais avec l’impression partagée que rien ne sera plus comme avant car à Porto Alegre, nous avons brisé les frontières. Les femmes y sont pour beaucoup. Ce sont elles qui construisent, dans les quartiers, les villages et les villes, les bases de cet autre monde nécessaire à la survie de la planète. Que vive encore l’esprit de rébellion pour nous donner la force de continuer nos luttes, de partager nos espoirs pour dépasser nos souffrances. L’année prochaine, à Porto Alegre nous serons encore plus fortes et plus nombreuses.

P.-S.

Michèle Dessenne

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