Accueil du site > Humeur > No pasaran !

No pasaran !

samedi 1er décembre 2001, par Nicolas Bégat


D’aucuns pensent que les femmes ont un cerveau plus petit que celui des hommes, qu’elles sont là pour reproduire la race, la protubérance de leur ventre rivalisant avec l’étroitesse de leur boîte crânienne. Comment peuvent-ils alors tolérer toute forme d’impertinence, voire de vulgarité, émanant de ces êtres du sexe faible qui sont censés garder le foyer, veiller au bien-être de la famille, et dans la foulée à la paix sociale ? Toute déviance présagerait donc d’une perversion, d’une forme de décadence que la société des hommes ne saurait tolérer. Les nationalistes, fanatiques et fascistes de tout poil assoient ces thèses sur l’ambition de coopérer à une société de l’ordre, au maintien d’une Nation, dont on ne saurait mettre en cause son socle minimum de valeurs : patriarcal, sexiste, raciste, homophobe. Tout écart des citoyens qui la composent constitue alors une menace à la stabilité, pire une entrave à ses lois. Fort heureusement, les forces de sécurité et les tenants du pouvoir veillent...Toute dérogation est passible de peine, allant de l’avertissement, la menace, en passant par la réprimande, jusqu’à la condamnation et l’exclusion. Notre société, dite démocratique, est ainsi faite qu’elle déniche ses fidèles serviteurs dans les moindres recoins : des hémicycles, aux salles de presse, en passant par les bourses, les forteresses de fortune, comme celle de Doha au Qatar, les frontières occultes, ou encore les grottes des déserts...
Que la population n’ait crainte ! Les garants de ce monde assurent la totale maîtrise de la situation : libre circulation des capitaux, des êtres humains et de leurs organes, des armes et drogues en tout genre. Que la population soit reconnaissante ! Les grands de ce monde veillent à sa sécurité : augmentation des contrôles aux frontières, perquisition des coffres de voiture et autres poches, écoute des conversations téléphoniques, lecture et archivage des messages électroniques, vérification des sacs de farine ou de riz acheminés par l’aide humanitaire, restriction ou confiscation des droits pour tous ceux qui s’opposent au bon fonctionnement de cet ordre.
Reste qu’une bonne poignée d’êtres humains, et en particulier sa version « satanique » incarnée par les femelles, tente d’y faire obstacle, d’y opposer des modèles de justice et de paix, d’inviter au débat pour la construction d’une pensée plurielle, non hégémonique et libre. L’heure est à la solidarité, au renforcement des troupes et à l’union. Mobilisation !

P.-S.

Joelle Palmieri

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0