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Le boycott, c’est bon pour la santé !

dimanche 1er avril 2001, par Nicolas Bégat


Rien de tel que le boycott pour mesurer à quel point Danone envahit le rayon crémerie des supermarchés ! Que de desserts lactés dont on est obligés de priver nos mômes ! Pour s’en consoler, il existe un moyen bien simple : lire la composition du produit. Ils en mettent là-dedans des substances difficilement identifiables, mais dont on devine que le corps s’en passe avantageusement ! Autre bénéfice : on supprime sans passer pour rétrograde les images à collectionner par lesquelles les dits produits attirent le gogo en herbe. Ça coûte combien, un accord avec les marchands de soupe audiovisuelle made in Japan ? Bonbon, à n’en pas douter. Mais ça peut rapporter gros, alors là, l’actionnaire est d’accord pour ne pas regarder à la dépense. Tandis que garder des employés dont on pourrait se passer, franchement, c’est du gaspillage ! Tous les patrons vous le diront : une entreprise ne fait pas de la philanthropie, elle fait du profit. D’ailleurs, ils s’étonnent, les patrons, que la piétaille ne veuille pas le comprendre. Où on va si elle ne les laisse pas faire leur travail en paix ? De quoi elle se mêle de vouloir être solidaire avec des gens qu’elle ne connaît même pas ? Au lieu de continuer à bouffer tranquillement des pizzas surgelées ! Il ne manquerait plus que le boycott lui fasse s’apercevoir qu’il y a des tas de produits dont elle peut fort bien se passer ! Vous ne voyez pas qu’elle réfléchisse sur ses habitudes de consommation ? Déjà que la culture intensive n’a plus trop la cote ! Des citoyens qui réfléchissent, c’est jamais bon pour les affaires. On les a pourtant bien prévenus qu’à cause d’eux, il y aurait encore plus de licenciements ! Mais ils sont têtus, les citoyens ! Les puissants ne peuvent même plus se réunir pour décider de la marche du monde sans qu’ils viennent les enquiquiner ! Les pauvres patrons se font gronder pour un oui, pour un non. Prenez Marks and Spencer : ils ne vendaient plus leurs fringues parce que le grand chef ne s’était pas rendu compte qu’il était le seul à aimer le style Margaret Thatcher. Mais l’erreur est humaine ! Au lieu de lui jeter la pierre, les salariées sur le pavé feraient bien de prendre exemple sur l’OM. Marseille a su pardonner à Bernard. Il est vrai que pour incarner les viriles vertus de l’arrogance et de l’agressivité, on trouve difficilement mieux. Un pour tous, tous couillus ! Et si on boycottait la télé, pendant qu’on y est ?
Dominique Foufelle

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