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Tétanie contre terrorisme

vendredi 5 avril 2002, par Joëlle Palmieri

Puisqu’on est dans le mois des " semiversaires ", célébration six mois après les faits du 11 septembre, je souhaite vous inviter à préparer avec ardeur l’anniversaire du massacre de Sabra et Chatila. Dans six mois, nous fêterons effectivement les 20 ans de cet acte de terreur perpétré sous les ordres de Sharon, alors ministre israélien des Affaires étrangères, qui fit plus de 8000 morts en une journée. Uniquement des civils, majoritairement des vieillards, des femmes et des enfants. Vous en souvenez-vous ?

Puisqu’on est dans le mois des " semiversaires ", célébration six mois après les faits du 11 septembre, je souhaite vous inviter à préparer avec ardeur l’anniversaire du massacre de Sabra et Chatila. Dans six mois, nous fêterons effectivement les 20 ans de cet acte de terreur perpétré sous les ordres de Sharon, alors ministre israélien des Affaires étrangères, qui fit plus de 8000 morts en une journée. Uniquement des civils, majoritairement des vieillards, des femmes et des enfants. Vous en souvenez-vous ?
Et pendant que je suis encore debout, j’aimerais m’attarder sur l’observation de techniques de répression qui me semblent de plus en plus sophistiquées. Pour lutter contre le " terrorisme international ", les grands de ce monde ont toujours mis en œuvre des stratégies de tétanisation des populations, en particulier en les appauvrissant ou/et en détruisant toute possibilité de déplacement. Force est de constater que tout procède d’objectifs économiques. La technique la plus évidente est celle de la guerre, comme en Afghanistan ou au Rwanda, suivie de très près par l’embargo, comme en Irak ou à Cuba, par la dictature, comme en Europe centrale ou de l’Est, par l’endettement et les politiques d’ajustement structurel, comme en Argentine, par le désengagement des pouvoirs publics, comme à Madagascar, ou par l’asphyxie économique, comme en Palestine, où les conduites d’eau sont éventrées, les routes éclatées, les permis de circulation refusés, supprimant tout déplacement et rendant donc toute activité économique impossible. Ce qui lie l’ensemble de ces agressions : un système basé sur quatre piliers : un pouvoir hégémonique, qu’il soit financier ou politique ; la recherche du profit maximum au mépris de l’intérêt général et du bien commun, pour la promotion du bénéfice individuel et particulier ; le développement constant d’une industrie prospère, celle de l’armement ; la complicité de la mafia.
Mais tout ne fonctionne pas toujours comme prévu. Des poches de développement local, partout dans le monde, abritent une économie décentralisée, diversifiée et forte en expérimentations. La résistance des femmes pour la survie quotidienne est d’une telle ampleur que ce sont elles qui à 80% portent cette micro-économie mondiale. Mais, en bon combattant aguerri, le système dominant, aujourd’hui libéral, ne baisse pas la garde, ne néglige aucun front et les risques encourus sont réels. Parmi les pistes sérieuses à suivre dans la série stratégie de tétanisation invisible, la contamination des populations, y compris parmi les contestataires, par la sémantique et l’usage du singulier. Les patrons, les politiques, les économistes et bien d’autres, nous harcèlent avec le marché, l’Economie – avec un grand " e " -, la diversité, la richesse, le sexe, la mondialisation alors qu’il y existe des marchés, des économies, des diversités, des richesses, des sexes, des mondialisations…Et pour ne pas en perdre une miette, le maintien du patriarcat, assise de ce système pyramidal, organise la reproduction de la division du travail, des modèles verticaux et hiérarchiques, le tout fondé sur les violences, avec la grande complicité de tous, au mieux l’indifférence silencieuse. Cqfd. Ouf ! Alors, à quand la tolérance zéro ? Il est temps d’utiliser de nouvelles grilles de lecture, en inversant les évidences, en se posant pour tout et systématiquement la question " A quoi ça sert ? ". Peut-être un moyen de passer à la conjugaison au féminin pluriel.

P.-S.

Joëlle Palmieri

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