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Vers un retour au foyer des mères de sauvageons ?

lundi 1er février 1999, par Nicolas Bégat

Connaissez-vous la dernière devinette à la mode : quelle est la différence entre M.Chevènement et un sénateur ? Le premier expédie les sauvageons en prison, le second renvoie les femmes à la maison.
Pour ces Messieurs, les liens existant entre les femmes et les sauvageons se renforcent sur fond de formule sacrée Travail, Famille, Patrie. Si les familles, entendez les mères, assumaient leur travail éducatif, il y aurait moins de mineurs délinquants - leur nombre a augmenté de 12% au seul premier semestre 1997.
Rester chez soi et activer la braise du foyer domestique, voilà, Mesdames, tout un programme politique. Cessez donc de réclamer la parité. La Famille n’est-elle pas une Patrie miniature ?
Le Travail, dîtes-vous ? Mais constatez les conditions discriminatoires qui vous sont faites. A vous les inégalités de salaire et le temps partiel, 81,8% (chiffre de 1996) des personnes travaillant à temps partiel appartiennent au beau sexe. A vous encore la misère et un taux de chômage élevé, 14,6% contre 10,7% pour les hommes. Soyez donc raisonnables, gardez votre place traditionnelle et vous mériterez bien les allocations familiales.
Le sort des pères de sauvageon n’est guère plus enviable que le vôtre. En alimentant une bonne partie des 11% de sans-emploi en France, ils perdent toute crédibilité auprès de leurs enfants qui, généralement, ne connaissent aucun adulte inséré dans le monde du travail.
Il serait intéressant de mesurer la corrélation existant entre la durée du temps de chômage parental et sa répercussion sur le comportement des enfants - ces statistiques bien sûr, n’existent pas ! En effet, quelles issues restent-il à ces familles qui, vivant sans repères sociaux, n’ont plus que leur cité pour horizon ?
Vous ne pouvez pas payer la cantine de vos enfants ? Le loyer vous cause du souci ? Vous déprime, dîtes-vous ? Et cela vous empêche d’élever correctement vos enfants ?
C’est que la grâce républicaine ne vous a pas encore touché.
Faites comme nous, répétez tous les matins sans faiblir : Liberté, Fraternité, Egalité,. Vous verrez, vous finirez par y croire !

P.-S.

Pascale Casto-Belloc

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