Accueil du site > Humeur > Au nom de la liberté de marché

Au nom de la liberté de marché

mercredi 1er juillet 1998, par Nicolas Bégat

A n’avoir pas construit l’Europe sociale, les coups (et les coûts !) tombent drus. Le travail de nuit des femmes en est un exemple significatif. Pour rentrer dans les rangs de la rigueur européenne, la France et l’Italie doivent s’aligner sur les politiques du travail les moins progressistes. Vous me direz que le travail de nuit des femmes, il faudrait être sacrément hypocrite pour ne pas savoir qu’il existe déjà. Les infirmières (et leurs luttes), ça vous dit quelque chose ? D’autres menaces européennes nous pendent au nez. L’Europe, cet espèce d’entité mythique et inacessible, se substitue peu à peu à la raison d’Etat. Au nom de la raison Europe, « on » nous prépare une grande réforme qui entraînera probablement la mort de la mutualité « à la française ». Comprenez ainsi que le concept même d’économie sociale, qui privilégie la personne sur le capital, ne convient pas à ceux qui, au nom de la liberté des marchés, « régulent » allègrement, et laminent une concurrence déloyale : celle que les personnes, solidaires, ont mis en place pour résister à la « rentabilisation » d’un marché de la santé. Les grands groupes d’assurances se frottent les mains. L’Europe fait le travail pour elles. Et quand on parle santé, bien sûr, de qui s’agit-il en priorité ? Des femmes, bien entendu, et des enfants. D’ailleurs, les femmes sembleraient bien dilapider les deniers collectifs, à tel point qu’une illuminée propose de reculer l’âge de la retraite pour ces mécréantes qui vivent plus longtemps que les hommes !
Envoyez-nous vos contributions sur ces deux sujets : travail de nuit et âge de la retraite. Nous publierons vos réponses sur le site en septembre.

P.-S.

Michèle Dessenne

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0