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Enfants au travail et campagne présidentielle en Equateur

samedi 31 août 2002, par Manue

Alvaro Noboa, propriétaire d’une vaste plantation de bananes au sud de l’Equateur, est l’homme le plus riche du pays. Candidat aux prochaines élections présidentielles du pays, il se proclame l’ami des pauvres.
Sa plantation, comme toutes les autres dans la région, emploie pourtant des dizaines d’enfants et interdit aux travailleurs de s’organiser en syndicats. L’arithmétique du problème est simple : aujourd’hui plus que jamais, les centrales d’achat américaines et européennes à qui Noboa exporte ses bananes imposent des prix dérisoires aux producteurs : 2 à 3US dollars pour une caisse de 50 livres, qu’ils revendront allègrement 25 à 30 $. Pour s’en sortir –et s’enrichir personnellement au passage, le planteur exploite ses travailleurs. A raison d’environ 6 dollars par jour, le maigre salaire laissé aux ouvriers adultes ne suffit pas à faire vivre les familles, qui envoient leurs enfants dans les plantations pour 3 dollars jour à la fin de l’école primaire. Leçon de mondialisation.
L’enquête sur les enfants au travail dont sa plantation a récemment été l’objet, ainsi que l’intervention musclée de sa sécurité privée lorsque des ouvriers ont voulu se syndiquer, n’ont cependant pas semblé faire de grands remous dans la campagne du richissime planteur. En bon populiste ami des pauvres, il nie toute infraction aux droits du travail et poursuit sa campagne comme si de rien n’était.

Source : NewYork Times, transmis par GSN

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