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Crise de la propriété

lundi 23 février 2009, par David Boutigny

Tout est dit sur la "crise". Tout et son contraire, comme d’habitude. Mais fait nouveau, les chantres du néo-libéralisme jouent la scène de la critique. Le système s’est grippé. L’autorégulation du marché par lui même, la grande théorie de la liberté générant de la responsabilité des entreprises et de la finance, est en panne. Haro sur les voyous de la finance qui ont cassé le beau joujou du capitalisme international. Blessé, mais pas mort, voyez-vous.

Tout est dit sur la "crise". Tout et son contraire, comme d’habitude. Mais fait nouveau, les chantres du néo-libéralisme jouent la scène de la critique. Le système s’est grippé. L’autorégulation du marché par lui même, la grande théorie de la liberté générant de la responsabilité des entreprises et de la finance, est en panne. Haro sur les voyous de la finance qui ont cassé le beau joujou du capitalisme international. Blessé, mais pas mort, voyez-vous. Réanimé par l’Etat salvateur qui distribue généreusement les fonds publics provenant des impôts des citoyen-n-es. Et les milliards fusent pour les banques et l’industrie automobile. Même les critères de Maastricht, qui interdisaient le déficit public des Etats membres, volent en éclat. Cause nationale (et mondiale) : le capitalisme souffre. Il faut voler à son secours ! L’Union européenne gesticule, incapable de mettre en place des politiques cohérentes et concertées ; les Etats sont de retour avec des plans nationaux, tous azimuts. L’Union tente de faire croire qu’elle y est pour quelque chose. Piteuse Union face aux Etats-Unis dont le Président Obama lance un plan de plus de 700 milliards de dollars, visant notamment à la création de 4 millions d’emplois. Et pourtant, la campagne pour les élections européennes est en marche. Les Européistes repartent au combat. Hors de l’Union point de salut. La tentation du protectionnisme, telle le pêché capital, ne doit pas nous emporter. Libre-échange en drapeau comme remède aux misères engendrées par le libre-échange. Voici ce qu’ils nous promettent ceux et celles qui ont adopté le traité de Lisbonne en février 2008 au Congrès de Versailles. Faisant fi du NON au référendum sur le TCE (traité constitutionnel européen), ils ont imposé au peuple français son frère jumeau. Ils nous ont ligoté-e-s, berné-e-s. Aujourd’hui, alors que la pauvreté continue de gagner du terrain, et les femmes le savent bien, souvent seules en charge de leurs enfants, ou retraitées condamnées à des pensions de 600 Euros par mois, les espoirs de changement s’amenuisent. Le gouvernement et le patronat en appellent à la responsabilité des citoyen-e-s, comme ils appellent les syndicats à être raisonnables, les habitant-e-s des territoires d’outre-mer à rester calmes. Pendant ce temps le patronat fanfaronne, de fait, mais discrètement. Dame Parisot vient de le clamer : les fruits de la richesse produite dans l’entreprise ne peuvent se partager qu’en deux. Une part pour l’autofinancement, l’autre pour les actionnaires. Ce n’est pas du vol, dit-elle. C’est leur droit. le droit de la propriété. Et bien, justement, parlons-en maintenant de la propriété. Dame Parisot a raison, c’est le vrai problème : la propriété des moyens de production devrait être dans les mains de celles et de ceux qui savent s’en servir : les salarié-e-s, et pas dans celles des actionnaires. Ce sont ces mots d’ordre qui commencent à fuser dans les manifestations en Guadeloupe. Ils et elles ne s’y trompent pas. Pour infléchir, sur le fond, le système économique actuel, il faut tout simplement en changer. Et pourquoi pas penser un socialisme du XXIe siècle ? IFE (Initiative Féministe Européenne) intervient le 28 février 2009 dans un colloque organisé par le Mouvement Politique d’Education Populaire (M’PEP) pour contribuer à tisser la première trame d’un nouveau socialisme. Le temps de réfléchir pour mieux agir. Programme du colloque : www.m-pep.org

P.-S.

Michèle Dessenne

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