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Une féministe expulsée du parlement

mercredi 3 octobre 2007, par David Boutigny

La députée féministe Malalai Joya a été exclue pour une durée de trois ans de l’Assemblée Nationale Afghane.
La raison invoquée est le non respect de l’article 70 du parlement qui interdit aux député-e-s toute critique vis à vis de leurs collègues. Or, dans une interview télévisée, Malalai a récemment déclaré que l’assemblée était « pire qu’un zoo » et un peu plus tard, elle a affirmé que les autres membres du gouvernement étaient des criminels et des vendeurs de drogues.
Ardente défenseure des droits humains, Malalai a déjà été victime de 4 tentatives d’assassinats, est continuellement menacée de mort et doit vivre cachée, sous la protection de gardes du corps. Son crime est de dénoncer qu’après la chute du régime taliban, les Etats-Unis et leurs alliés ont mis aux commandes du pays des « seigneurs de la guerre, des criminels et des trafiquants de drogue ».
La « démocratie » Afghane n’a pas pu supporter plus longtemps ces attaques sur son « intégrité » et s’est donc servie de l’article 70 pour tenter de faire taire, mais sans succès jusqu’à présent, cette empêcheuse de tourner en rond.
On ne peut cependant que s’étonner de cet usage très sélectif de l’article 70 de la constitution puisque Malalai avait déjà reçu, au sein même de l’assemblée, des menaces de mort de viol de ses distingués collègues et s’était fait traiter de prostituée.
Source : The Daily News
Plus d’info (en anglais) sur cette femme courageuse sur Telegraph Magazine

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