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Observatoire Global des Médias : pour un journalisme éthique

, par Josefina Gamboa

Le 13 mai dernier, un groupe de journalistes et de spécialistes de la communication de différents pays ont créé à l’Université de São Paulo, Brésil, l’Observatoire Global des Médias (Media Global Watch en anglais). L’idée, soulevée lors du dernier Forum Social Mondial à Porto Alegre en janvier dernier, vient de la profonde déception manifestée par les consommateurs en rapport au comportement de nombreux médias qui violent systématiquement la véracité et l’objectivité de l’information, attentant ainsi à un droit démocratique de premier ordre.
L’Observatoire a pour but l’analyse critique, et la recherche des causes structurelles de l’information de mauvaise qualité. Il ne s’agit pas d’un tribunal de contrôle de la presse, de même qu’il n’a pas le pouvoir pour sanctionner juridiquement, sinon celui de produire de rapports sérieux et documentés sur les différents niveaux de la production informative, la relation des journalistes et consommateurs avec les entreprises d’information, et l’influence des facteurs économiques, publicitaires, politiques dans la construction de l’information.
La perte de crédibilité des médias est souvent une conséquence des grands changements issus de la globalisation libérale, entre autres l’hyper-concentration des médias et la vitesse de l’information. L’apparition des conglomérats multimédia, méga-entreprises de communication lesquelles intègrent presse, radio, télé, cinéma, édition, publication, reliées parfois aux industries de loisir comme la mode, le sport, diluent la spécificité journalistique dans le spectacle. Dans ces géants médiatiques, l’intérêt commercial dépasse l’intérêt journalistique. Rien de condamnable, si cela n’écrasait pas quelques considérations sociales essentielles de l’éthique, entre autres, le concept de bien public.
Une fois l’Observatoire installé, une étude exhaustive sur le comportement médiatique avant, pendant et après le coup d’état au Venezuela a débuté. Les professionnels réunis voulaient témoigner et documenter cette expérience, vu que les entrepreneurs médiatiques vénézuéliens ont été dénoncés par la presse internationale et locale de manipulation d’information et de désinformation. L’idée, que les médias ont agit plus comme acteur politique que comme des professionnels obligés à expliquer de façon rigoureuse et impartiale le comportement des acteurs impliqués, a été largement approuvée. Probablement cette étude conclura qu’un crime médiatique a été commis au Venezuela.
www.adital.com.br
Version espagnole

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