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Contre les violences sexuelles dans les conflits

mardi 30 novembre 2004, par Laurence

Durant cinq jours des femmes venant de pays où les conflits sévissent durement se sont réunies lors d’un séminaire de la Marche mondiale des femmes sur la paix et la militarisation à Goma, en République démocratique du Congo. Les participantes ont raconté et analysé leurs expériences et ont pris la décision de lancer une campagne mondiale sur les violences sexuelles envers les femmes dans les situations de conflits et dans les zones militarisées.

Une quarantaine de femmes ont participé à ce séminaire. Elles venaient de pays du monde où les guerres et les conflits armés sévissent ou ont sévi durement : Birmanie, Israël, Ouganda, Philippines, Salvador, Soudan, et de groupes qui travaillent sur la question de la violence envers les femmes (Suède, Suisse). Des femmes de la région (Burundi, Rwanda et République démocratique du Congo, Sud et Nord Kivu) composaient la moitié de l’assemblée. Des réseaux internationaux agissant en faveur de la paix avaient envoyé des représentantes ou apporté un appui sur le plan de l’analyse et de la documentation : Femmes en noir (Belgrade), Women’s International League for Peace and Freedom (Burundi).

Durant cinq jours, ces femmes ont raconté leurs expériences. Elles ont défini le rôle que, selon elles, les femmes doivent jouer dans la prévention et la résolution de conflits et la promotion de la paix. Elles ont analysé les impacts que les conflits ont sur les femmes et qui sont intrinsèquement reliés à la sécurité, à la violence envers les femmes, à la pauvreté, aux injustices et aux inégalités dues à leur participation dans la prise de décisions. Les participantes ont également décidé d’appuyer la mise en œuvre de la proposition 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU (cette résolution demande la prise en compte de la perspective de genre et la participation des femmes à tous les niveaux du traitement des conflits et du développement de la paix). Plusieurs organismes représentés ont déjà élaboré des modes d’intervention et des outils de réflexion sur ce sujet. Enfin, il a été question des actions que la Marche mondiale des femmes planifie pour 2005, particulièrement les actions autour de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité. La Charte mondiale des femmes pour l’humanité sera adoptée par les déléguées de la Marche mondiale des femmes lors de la cinquième Rencontre internationale de la MMF qui aura lieu à Kigali, au Rwanda, du 4 au 12 décembre 2004. Cette Charte décrit le monde que les femmes veulent bâtir. Une des valeurs de base est la paix.

Campagne sur un an

Le Collectif sur la paix et la démilitarisation a décidé de lancer une campagne mondiale sur les violences sexuelles envers les femmes dans les situations de conflits et dans les zones militarisées.

La campagne débutera le 25 novembre 2004. Elle s’étalera sur un an. Dans un premier temps, du 25 novembre 2004 au 24 mai 2005, les organisations travaillant avec des femmes victimes de violences sexuelles répertorieront les cas de violences sexuelles envers les femmes dans les zones de confits armés ou zones militarisées. Elles analyseront l’action entreprise par le gouvernement en place pour rendre justice à ces femmes et prévenir l’occurrence de ce phénomène et mèneront des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation du public sur ces cas.

Les renseignements obtenus seront dévoilés le 24 mai 2005 (journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement). Ils feront l’objet d’une publication qui sera diffusée auprès des groupes participants de la Marche et servira d’outil pour les plaidoyers nationaux. Ils seront utilisés lors d’événements particuliers, telle la journée internationale de la paix le 21 septembre.

Volonté de réconciliation

La rencontre qui s’est tenue en République démocratique du Congo n’aurait pas été possible sans la volonté très forte des femmes de la région dont les États ont été en conflit et où les communautés sont meurtries, d’œuvrer en faveur de la paix et de la réconciliation au delà des barrières frontalières, ethniques ou tribales. La Coordination de la Marche dans la région, COCAFEM/GL [1] (Concertation des collectifs oeuvrant pour la promotion de la femme dans la région des Grands Lacs), créée en 2000 par des femmes du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Rwanda promeut aussi la position de la femme dans la sous-région des Grands lacs africains.

Séminaire international sur la paix et la militarisation du 26 au 30 septembre 2004

Lire aussi : Déclaration des femmes du collectif international sur la paix et la démilitarisation
Pour en savoir plus :
info@marchemondiale.org

P.-S.

Brigitte Verdière et Luisa Durante - octobre 2004

Notes

[1] COCAFEM-GL est responsable du Collectif sur la paix et la démilitarisation de la Marche mondiale des femmes. Le Collectif coordonne les analyses et interventions de la Marche mondiale des femmes en matière de paix et démilitarisation et cherche à assurer la participation des femmes dans les processus de paix au niveau local et sur la scène internationale. L’organisme rassemble des femmes de quatre groupes : PRO-FEMMES du Rwanda, CAFOB du Burundi, CAFED Nord Kivu et COFAS Sud Kivu de la République démocratique du Congo.

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