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Les eaux troubles de la Roumanie

vendredi 31 mai 2002, par Dominique Foufelle

La pollution de l’eau atteint des proportions catastrophiques en Roumanie. Sans qu’aucune mesure efficace ne soit jamais prise. La population subit et les profiteurs profitent.

Dysenterie, salmonellose, déficience immunitaire, cancers, troubles de la fécondité… sont quelques unes des conséquences de la pollution de leurs eaux sur les Roumain-es. Un problème national, qui les inquiètent considérablement, mais par lequel ils se sentent dépassé-es.
En milieu rural, 80% des gens se servent à leur puits, la plupart du temps trop peu profond pour offrir de l’eau potable. Car l’agriculture a abondamment usé des pesticides, dont des tonnes de périmés traînent encore un peu partout. Seulement 63% des Roumains sont reliés à un centre de distribution d’eau. Cela ne constitue pas une garantie, car l’état du réseau est lamentable, et bien des robinets dévident une mixture passée par des tuyaux d’une propreté douteuse. Cette situation dramatique profite à quelques petits malins, qui créent des sociétés privées d’épuration, vendant l’eau au prix de l’or.

Citoyens en état de choc


Cette pollution n’a pas été découverte récemment. Régulièrement, les autorités supposées qualifiées se penchent sur la question – d’autant qu’elle constitue un sérieux handicap à l’entrée dans l’Union Européenne. Mais rien n’avance. Miné par les querelles intestines des politiques, et la magouille élevée au rang de sport national, le pays s’enlise dans la misère.
Pourquoi la population ne fait-elle pas pression pour sauver sa peau ? Elle est démoralisée. Le pays n’a jamais connu la démocratie, et rares sont les personnes qui croient que l’action citoyenne peut influer sur les politiques du gouvernement.
Un espoir sera-t-il apporté par des ONG étrangères ? WECF a démarré deux projets sur l’amélioration de l’eau potable, l’un dans la petite ville de Slobozia, l’autre dans le village de Garla Mare. Ce dernier inclut une perspective de genre. Au village, ce sont en effet les femmes qui s’occupent de l’eau, et les hommes qui prennent les décisions quant aux éventuelles améliorations. Le partenaire local de WECF est la jeune ONG Environnement et santé, dirigée par deux femmes.

P.-S.

Dominique Foufelle – novembre 2001

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