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Sauver ce qui peut être sauvé

dimanche 29 février 2004, par Joëlle Palmieri

Bam, et son anéantissement en un jour, incarne l’histoire de Parisa Damandan. Une histoire emplie d’images, de négatifs, d’Histoire. Une quête continue des traces de son pays, des femmes non voilées à l’époque de la Perse, aux immigrants Polonais dans les années 30. Le révélateur d’une mémoire enfouie.

Parisa Damandan est une photographe iranienne qui a étonné le public hollandais par deux fois avec deux expositions, une au sujet des réfugiés polonais qui se sont sauvés en Iran pendant la deuxième guerre mondiale, et une sur les femmes dévoilées à l’époque de la Perse traditionnelle. N’importe qui a visité ces expositions peut se rendre compte que Parisa détient le talent pour trouver de l’or (et elle le sait !).

Quelle est l’histoire ?

Parisa, née en 1967 à Ispahan, munie d’un diplôme universitaire de photographie, est quelqu’un qui non seulement est une photographe, mais est intéressée dans chacun des aspects de la photographie. Elle publie à ce sujet, mais elle essaie également de sauver autant que faire se peut de vieux originaux. Elle les recherche partout, suivant n’importe quel conseil qui pourrait la mener à un nouveau trésor.
De cette façon, elle a découvert une belle collection de négatifs en verre très fragiles avec des clichés de haute qualité sur le début du XXe siècle, qui montrent les familles persanes traditionnelles dans des situations domestiques, nous enseignant de menues anecdotes sur la vie de tous les jours dans une Perse qui a disparu depuis longtemps. En outre elle a découvert un vieux studio abandonné à Ispahan, avec une cave remplie de négatifs contenant les images des familles polonaises, qui ont fui les Nazis dans les années 30 et 40.

Bam

Quand la terre a tremblé sous la ville de Bam, Parisa a immédiatement été envahie d’une pensée : je dois aller là-bas. Je dois faire quelque chose.
Pouvait-elle aider à trouver et sauver des personnes ? Pouvait-elle aider à creuser ? Non, elle a décidé plutôt rapidement « si je peux aider, je dois le faire de la manière que je connais le mieux ». A partir de ce moment, elle a commencé à creuser, ainsi qu’un groupe de bénévoles afin de sauver au moins une partie du patrimoine culturel immensément riche de Bam, à savoir son histoire photographique.
Armée d’un plan de rue, elle a emmené des hommes et des femmes afin qu’ils l’aident dans les studios et les magasins recouverts par l’argile en poudre. Elle a creusé, cherché et trouvé, alors que le chaos autour d’elle était immense, et elle a quotidiennement été confrontée à la douleur de ceux qui ont survécu au désastre. Elle a également été sollicitée par des médias internationaux, qui en plus de vouloir connaître les démarches générales, se sont également intéressés à sa recherche, parce qu’aujourd’hui tout le monde se rend compte de l’importance de sauver ce qui peut être sauvé afin de reconstruire cette ville antique merveilleuse et belle.
Les choses que Parisa a trouvées ne sont pas des négatifs en verre cette fois. ’Heureusement pas ’, a dit Herman Divendal d’Aida, ’ou ils serait partis pour toujours ’. Parisa ajoute qu’avec toutes les difficultés liées à son travail, parmi toute la tragédie et en dépit des scènes déchirantes desquelles elle a été témoin, elle a parfois pu offrir du réconfort aux survivants : pour certains la seule manière de rester en vie était une image trouvée par Parisa.

P.-S.

Aida Amsterdam – février 2003

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