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Roms en Australie : nombre et démographie

dimanche 29 février 2004, par Joëlle Palmieri

Lors du 5e Congrès Mondial de l’IRU en juillet 2002, Marni Morrow a dressé une cartographie des Roms en Australie. Un inventaire scrupuleux qui nous est livré ici point par point.

Les personnes et les familiyi Roms en Australie ont des origines extrêmement diverses, tant du point de vue national que du point de vue ethnique.
Il y a des centaines de familiyi Roms en Australie. L’étude, menée en 1995, dénombre environ 16.500 individus et ce chiffre risque de s’élever en 2000 à presque 22.000. En général, les Roms en Australie n’apparaissent pas dans les statistiques parce que nous sommes « occultés ».
Et ce, pour de nombreuses raisons, en particulier :
1. nous ne sommes pas sur les listes électorales, puisque nous ne participons pas aux Recensements Statistiques, ce qui nous rend difficiles à identifier et à localiser.
2. d’autres, parmi nous, associent notre appartenance ethnique à l’Australie ou au pays dont nous avons émigré.
Il est rare que les Roms en Australie avouent leur origine à un étranger, sauf si c’est par exemple dans le but de gagner de l’argent.

Le niveau social et économique

La vie des Roms australiens tourne autour des familia qui supportent assez mal l’ingérence des Roms ou des Gadjé. Les familia traditionnelles se composent de deux ou trois générations, soit les grands-parents, les enfants mariés et leurs enfants. Les liens familiaux sont généralement forts et entretenus.
Les chefs des communautés sont les personnes qui sont capables d’assurer la liaison entre les différentes familles et les services gouvernementaux. Ils sont souvent instruits, mais pas toujours. Cependant leur pouvoir ne dépend pas de leur richesse ou de leur faible niveau d’instruction. En revanche, ils sont toujours les membres les plus influents et les plus francs de la communauté locale ou des familia.
Il existe des barrières très nettes entre les populations Roms qui acceptent de se mélanger socialement avec les Gadjé et les autres.
A leur arrivée en Australie, beaucoup de Roms ont éprouvé des difficultés à s’intégrer facilement à la culture Rom australienne. Les Roms australiens craignent d’être rejetés pour leur « modernisme » et leur manque apparent de respect pour les vieilles coutumes gitanes. Il semblerait qu’ici en Australie, ainsi qu’aux États-Unis, les Roms continuent à suivre beaucoup de vieilles coutumes et vivent selon les règles de la société traditionnelle.
Pourtant, il semblerait paradoxalement que les Roms qui viennent d’Europe en Australie se sont pour la plupart intégrés ou assimilés à la culture majoritaire. Peut-être parce que seuls les Roms riches et intégrés sont acceptés par le gouvernement australien, ou peut-être parce que certains ont en apparence adopté une religion Gadjé pour éviter d’être persécutés en Europe. Cette pratique est inutile en Australie car beaucoup de religions différentes co-existent et sont librement pratiquées. Les politiques de multiculturalisme ont aussi eu un impact fondamental sur les droits de tous les peuples à pratiquer et respecter leur propre culture. Certains Roms pensent que, même s’ils n’ont plus besoin de faire semblant, leurs enfants ont déjà perdu toute notion de la langue gitane, des coutumes, de la religion et des croyances.

Le logement

La majorité des Roms s’est concentrée dans les grandes villes, parce qu’il est plus facile d’y trouver du travail. Les Roms qui résident dans les plus petites villes, se déplacent généralement entre trois ou quatre villes pour y chercher du travail. Faute de logements permanents dans ces petites villes, circuler entre les aires de stationnement pour caravanes est préférable, voire souvent nécessaire. La plupart des Roms en Australie vivant dans les plus grandes villes, habite dans des logements permanents.
39% en Nouvelle Galles du Sud dont 93% résidaient à Sydney et/ou à Newcastle, 3% à Goulbourn / Yass / Wagga Wagga, 1% à Griffith, et 3% au Nord de NSW dans les Villes Côtières,
19% à Victoria dont 87% résidaient à Melbourne, 7% à Geelong, 3% à Ballarat, et 3% à Albury / Wodonga,
21% en Australie Occidentale dont 68% résidaient à Perth, 27% à Fremantle, et 4% à Kalgoorlie,
5% en Australie Méridionale dont 91% résidaient à Adélaïde, 2% à Pt Augusta / Pt Pirie / Whyalla, et 7% à Coober Pedy,
14% au Queensland dont 65% résidaient à Brisbane / Gold Coast, 30% dans le Nord de Queensland dans les Villes Côtières, et 5% dans le Nord de Queensland, Villes Continentales
1% dans le Territoire du Nord dont 88% résidaient à Darwin, 8% résidaient à Alice Springs / Tennant Creek, et 4% à Katherine
1% en Tasmanie dont 60% résidaient à Hobart, et 40% dans le Nord des Villes Côtières Tasmaniennes [1]

Emploi

Beaucoup de Roms récemment arrivés ont du mal à répondre aux demandes de la culture australienne majoritaire. Leurs moyens de subsistance, qui reposent sur des méthodes assez bénéfiques en Europe, semblent assez inefficaces en Australie.
Les Roms en Australie ne veulent absolument pas accepter des emplois salariés. Généralement ils montent des commerces indépendants spécialisés. En Australie, les types de commerces les plus courants sont l’orfèvrerie, la maroquinerie, la réparation et l’entretien de vérins, la réparation et la peinture des toitures, ferblantiers, et autres travaux manuels agricoles. Récemment, on a assisté à une vague de mauvaise publicité provoquée par des travaux de charpente, disait-on, de mauvaise qualité. On a rejeté la faute sur les Gitans, même si ces travaux étaient exécutés par les Voyageurs. Cette situation a hélas nettement diminué l’offre de travail dans ce domaine. Du fait de la raréfaction de ce type de travail, d’autres activités se sont développées, comme l’achat, la réparation et la revente de vieilles voitures, la restauration d’antiquités, la musique dans les cafés, le nettoyage des bureaux, l’industrie de la médecine traditionnelle, et les activités de divertissement et de sociabilité. Beaucoup de familia Roms font de petites affaires, et préfèrent souvent des activités qui feront travailler toute les familia plutôt que celles qui génèrent beaucoup de bénéfices. Les femmes travaillent en général comme diseuses de bonne aventure, ou dans les commerces familiaux et s’occupent de leurs familia.

Enseignement élémentaire, secondaire, tertiaire (université)

Une étude récente a noté que, parmi quarante enfants Roms en âge d’aller à l’école et résidant dans une grande ville australienne, trente-trois ont reçu un enseignement primaire sérieux pour une durée inférieure à trois années ; parmi ceux-là, seulement huit auraient dû être dans cette situation, car ils n’avaient pas terminé leur niveau trois. Parmi ces quarante enfants, vingt-deux ont l’âge du cycle primaire et dix-huit du secondaire.
Parmi les enfants qui ont l’âge du primaire, quatorze sont actuellement à l’école ou reçoivent une instruction en-dehors du système scolaire ; les huit autres, de différents âges, ont fréquenté l’école de façon plus ou moins longue, mais jamais plus de trois années. Tous les enfants avaient été placés dans des classes de leur âge, sans considération du niveau d’instruction qu’ils avaient atteint précédemment (à l’exception des deux enfants en niveau un).
Parmi les enfants qui ont l’âge du secondaire, deux enfants continuent à suivre les cours directement à leur domicile, grâce à l’aide de leur mère, une enseignante qualifiée formée à l’étranger. Les autres ont quitté l’école avant la fin de la primaire. Le taux de réussite scolaire de ces enfants semble dépendre en grande partie des attitudes des parents, et du niveau d’instruction atteint (soit en Australie, soit dans le pays où ils vivaient avant d’émigrer en Australie).
Peu d’adultes sont allés jusqu’au bout du secondaire, et on peut facilement compter sur les doigts d’une main ceux qui ont réussi une partie ou la totalité des études universitaires. Il y a actuellement quatre Roms licenciés en Droit (dont deux sont encore au premier cycle), un Rom licencié en études dentaires, trois licenciés de l’enseignement, deux licenciés en Médecine, un diplômé en Architecture et un Rom titulaire d’une Maîtrise en Administration de l’Éducation (préparant actuellement son Doctorat).
Les adultes ont un besoin fondamental en matière d’alphabétisation. Cependant, il est probablement trop tard pour qu’ils soient réceptifs à un enseignement de groupe dans un environnement scolaire. La plupart des vieux Roms ont des comportement si bien ancrés que l’analphabétisme est devenu pratiquement une marque de prestige. Il faudrait, par conséquent, transformer massivement la totalité de la communauté Rom pour qu’une seule de ces personnes veuille accéder aux services d’alphabétisation. Ce serait comme admettre que les Gadjé avaient « raison » et que les Roms ont effectivement besoin de lire et d’écrire pour survivre et progresser.
L’attitude face à l’école de la deuxième et la troisième génération Rom australienne, et parfois leur antipathie face à l’éducation, sont probablement fondées sur des attitudes traditionnelles. Il est certain que cette antipathie a frustré les efforts qui ont été développés pour améliorer leur situation apparemment défavorisée. Parce que les Roms font face à beaucoup de problèmes au sein de la société majoritaire, leur confiance en eux et en leur identité est un des facteurs de maintien des différences entre les Roms et la société Gadjé. Les Roms sont extrêmement protecteurs de tout ce qui fait leur mode de vie et leur identité, ce qui a abouti à une tendance vers une totale exclusivité. L’école est, pour les Roms, une institution qui fait exclusivement et totalement partie d’un environnement qu’ils considèrent comme contraignant. Même en Australie, l’enseignement et l’environnement scolaire ont été des moyens d’assimilation forcée et, par conséquent, de reproduction des valeurs de la culture dominante. Comme en Europe, l’enseignement se présente souvent aux Roms comme une institution étrangère qui veut leur retirer leurs enfants.
Comme l’instruction de beaucoup de Roms australiens est faible, voire inexistante, les enfants qui fréquentent l’école sont habituellement plus âgés que les enfants Gadjé au même niveau. De ce fait, ces enfants sont généralement perçus comme des enfants lents, attardés ou bêtes. Cela a souvent pour effet de les rendre agressifs ou bien difficiles à gérer ; les filles, quant à elles, semblent perdre toute la confiance qu’elles avaient acquise avant de commencer l’école. Les garçons et les filles ont tendance à échouer, généralement avec la bénédiction des parents.
La participation des enfants aux écoles australiennes dépend, pour une grande part, de l’accord des parents. De plus en plus, les parents d’élèves issus de groupes minoritaires, tels que les Roms, rencontrent des difficultés raciales/culturelles. Ces problèmes pourraient aller en empirant, à moins qu’on ne tienne des propos réalistes au niveau politique, qui se traduisent en actions au niveau scolaire. Traditionnellement, le système éducatif australien a pour objectif la préparation des enfants anglo-celtiques à l’entrée en université. Plus récemment, ce système éducatif a essayé de pousser les étudiants à « entrer dans le monde du travail », autrement dit s’orienter vers des emplois payés, dont la plupart n’existe plus. Dans le même temps, leur niveau d’alphabétisation de base semble très affaibli. Par exemple, dans une déclaration du président de l’Association des Directeurs du Primaire, M. Travers nous assure que « Une raison évidente de l’échec, cette année, dans certains résultats [Test de compétence fondamentale (BST)] est la participation aux tests d’un plus grand nombre d’enfants ayant des difficultés d’apprentissage... [Il ajoute que] l’année dernière, la plupart des parents de ces élèves les avaient retirés des épreuves, répondant aux actions de boycottage de l’AEU... les facteurs socio-économiques sont des points fondamentaux qui conduisent à un très faible niveau d’alphabétisation... Il n’y a pas de problème général en matière d’alphabétisation, mais un problème d’enfants défavorisés... cela a été très bien mis en évidence dans les résultats de l’étude nationale sur l’alphabétisation.
Le ministre de l’Éducation, M. Lucas, dit qu’ « un nouveau plan d’alphabétisation qui nécessite une évaluation de tous les élèves lors de leur entrée dans les écoles, sera aussi un outil très important ». Les implications de ce plan dans une société multiculturelle, en particulier chez les enfants non anglo-celtiques, sont désastreuses. Il est intéressant de souligner qu’il insinue que, si nous évaluons le capital culturel occidental qu’un enfant issu d’une minorité apporte à l’école, nous comprendrons combien ils sont défavorisés et qui en est responsable. L’article de Lloyd présuppose que tous les enfants qui passent par l’école sont de la même origine culturelle et il ne fait preuve d’aucune indulgence à l’égard de ceux qui ont l’anglais en deuxième langue. Il ne reconnaît pas non plus que les enfants de culture minoritaire peuvent arriver à l’école dotés de traditions d’apprentissage différentes. Il nous demande de chercher les responsables de ce faible niveau d’alphabétisation en Australie, et il nous oriente vers les professeurs, les parents et les nouvelles technologies.
Bien qu’il soit admis que les enfants de n’importe quelle appartenance ethnique ont besoin de bases solides dans les « Trois R », on devrait néanmoins encourager et promouvoir leurs propres ressources. La plupart des enfants Roms tiennent cette caractéristique de leurs familles, directement et de façon durable. Le capital culturel dont ils bénéficient de par leurs familles pourrait les aider dans beaucoup de cas à réussir dans leur propre culture et dans la culture dominante, même sans notions d’alphabétisation (par exemple, les notions de calcul de base sont acquises à un très jeune âge par le moyen de l’argent). L’expérience personnelle a montré que beaucoup de familles Gadjé font complètement confiance à l’école, en tant qu’institution d’instruction sociale, pour enseigner ces valeurs à leurs enfants.
Puisque la lutte pour la survie devient plus difficile, nous pensons probablement que les attributs mêmes et le capital culturel que les enfants Roms possèdent et que certaines institutions éducatives rejettent – c’est à dire leur propre entendement – leur seront très utiles, à condition qu’ils sachent lire et écrire correctement et de façon constante. Bien que cette condition en matière d’alphabétisation semble être le point de départ essentiel, c’est celle qui exige le plus d’attention de façon urgente.
Personne ne trouvera probablement la réponse à la question de savoir s’il est indispensable que les enfants reçoivent une éducation fondée sur les valeurs de la majorité anglo-celtique. Cependant, la loi (à travers la Loi sur l’Éducation, ou son équivalent, dans chaque Etat australien) souligne clairement que les enfants doivent suivre les cours, que ce soit à l’école, à la maison, ou par correspondance. La culture n’est pas une excuse suffisante pour ne pas garantir cette éducation aux enfants, puisque les limites sont clairement définies. Toutes les politiques doivent être constituées dans ces limites :

- les politiques multiculturelles sont basées sur les principes selon lesquels tous les Australiens devraient avoir un engagement primordial et unifié vis-à-vis de l’Australie, ses intérêts et son avenir avant toute chose ;

- les politiques multiculturelles nécessitent l’approbation de tous les Australiens quant aux fondements et principes de base de la société australienne : la Constitution et la règle de droit, la tolérance et l’égalité, la démocratie parlementaire, la liberté d’expression et de religion, l’anglais comme langue nationale et l’égalité des sexes ;

- les politiques multiculturelles imposent des obligations et confèrent des droits : le droit d’affirmer sa propre culture et ses croyances implique une responsabilité réciproque pour accepter que les autres ont aussi le droit d’exprimer leurs opinions et leurs valeurs.
Cela revient à dire que toutes solutions ou recommandations doivent prendre ces limitations en considération.

Culture

La plupart des deuxième et troisième générations Roms en Australie parlent l’anglais comme première langue. Ceci est notamment dû aux distances considérables entre les petites et les grandes villes australiennes et le petit nombre de gens vivant sur tout le territoire. Vingt-deux mille Roms installés sur l’immense territoire australien contribuent à former de petites concentrations de Roms dans plusieurs villes. De plus, les différents natsiyi ne se parlent pas toujours, particulièrement si une familia suit les coutumes traditionnelles et l’autre pas. Cela signifie probablement que l’exposition à la langue anglaise est grande tandis que l’exposition au Romanes reste limitée. Les Roms plus âgés parlent encore et/ou comprennent le Romanes, bien qu’on ne le parle guère aujourd’hui. Il existe beaucoup de dialectes différents car les Roms vivant ici viennent du monde entier. Beaucoup de deuxième et troisième générations Roms ne parlent plus du tout le Romanes, d’autres le comprennent à peine.
C’est dans plusieurs petits cafés que les Roms ont l’occasion de se réunir et affirmer leur culture à travers le chant et la danse. Cela a lieu le plus souvent dans le cadre de fêtes privées et de petits festivals organisés par des Roms.

Discrimination, attitudes racistes et mesures prises par l’Etat contre ces phénomènes

Beaucoup de préjugés que subissent les Roms en Australie proviennent des Gadjé ayant un héritage anglais ou européen, particulièrement ceux qui sont récemment arrivés en Australie. Ces gens ont apporté leurs préjugés avec eux. Les conditions semblent pourtant plus faciles ici en ce qui concerne les discriminations, mais elles sont aussi plus insidieuses, car elles ne sont jamais ouvertement exprimées.
Il y a peu de chances que les Gadjé australiens montrent leur hostilité ou leurs préjugés à l’égard des Roms parce que nous affichons rarement ouvertement les signes de notre véritable héritage. Il existe une grande variété de couleurs de peau, même parmi les familia, même si c’est une des formes les plus communes de préjugés en Australie. Les préjugés en Australie semblent être plus courants dans les domaines dominants comme l’emploi et l’éducation - deux domaines auxquels les Roms ne participent pas beaucoup.
Les médias sont un domaine où les préjugés cachés sont verbalisés, souvent par le moyen de la liberté journalistique pour justifier des images créées dans le but d’entretenir les peurs des autres. Cela signifie que le comportement d’une personne qui se dit Rom (qui est souvent un Gadjé se faisant passer pour un Rom) est passé en revue devant nous tous. Bien que Romani International - Australia Inc. est toujours prête à défendre les droits des Roms ici, la plupart préfère simplement s’en aller sans rien dire. La raison habituellement invoquée c’est que « si nous faisons trop de bruit, nous serons probablement soumis aux mêmes traitements dont nous entendons parler en Angleterre et en Europe ; personne ne sait que nous existons ici, restons-en là ». Malheureusement, il arrive que même les tentatives honnêtes de diffuser des informations sur les Roms en Australie aboutissent à la propagation de mensonges ou de demi-vérités. Les paroles d’un Rom sont exprimées dans notre contexte culturel, nous en comprenons donc tout le sens caché. Ces paroles sont exprimées en croyant que l’auditeur comprend et n’est pas hostile à la culture Rom. En réalité, cette supposition est vraisemblablement inexacte et trop optimiste. Les auditeurs Gadjé, qui ont leurs propres conceptions ethnocentriques de la culture Rom, traduisent ces paroles en phrases qui, souvent, ne ressemblent en rien à la déclaration d’origine.

Politique visant à résoudre les problèmes des roms dans notre pays : qui a élaboré cette politique, quand a-t-elle été adoptée, et sinon, pourquoi n’a-t-elle pas été adoptée ?

Les 12 Ong Roms fondées avant 1999 en Australie ont fusionné sous le nom de Romani Union - Australie, pour constituer un groupe de travail unitaire plus grand. Ensemble, nous publions un bulletin d’information « Latcho Drom ». La publication de ce bulletin d’information a été beaucoup plus lente que prévue, par manque de financements. Trop de projets importants de dimension internationale ont attiré l’attention par ailleurs. Lors d’une réunion à Bendigo le 26 octobre 1999, il a été décidé d’organiser un festival à Melbourne, Victoria en octobre 2000. Suite aux événements internationaux, le premier Congrès Rom australien a été déplacé à octobre 2001.
Grâce au soutien de Romani International - Australia Inc., au cours de ces 4 dernières années, 49 familles ont reçu le statut de réfugiés en Australie et 27 de ces familles sont maintenant citoyennes australiennes à part entière.
Les vêtements, la nourriture, le logement et l’aide à l’emploi sont offerts à toutes les familles vivant dans des conditions précaires. Jusqu’à aujourd’hui, nous avons pu aider quelques 31 familles, la plupart avait des enfants en bas âge.
Avec l’aide du Gouvernement australien et Romani International - Australia Inc., une École de Cours par Correspondance pour les enfants Roms qui ne fréquentent pas l’école, a ouvert dans trois Etats australiens. Nous espérons qu’une fois que tous les Etats et territoires australiens coopèreront, nous aurons enfin une politique gouvernementale nationale. Dans le cadre du programme scolaire, le gouvernement finance actuellement l’emploi d’un professeur de « Langue Romani », pour une durée d’une heure, 5 jours par semaine. Pour les enfants qui ne peuvent pas rester très longtemps dans la même ville, nous pourrons atteindre un taux plus élevé d’alphabétisation et augmenter le taux d’emploi. Pour la majorité des familles Roms en Australie, l’installation dans un lieu est difficile. C’est un grand pays qui nécessite de parcourir de grandes distances pour trouver du travail.
Romani International - Australia Inc. a réussi à négocier une compensation de $1.000.00 pour l’inscription scolaire des enfants Roms. C’est une très grande victoire pour les familles Roms d’Australie mais la lutte continue dans les autres Etats.
Cette année, pour la première fois, une bourse d’études de 4 années a été ouverte en Australie pour les Roms étrangers ayant réussi leur baccalauréat, et qui n’ont pas la possibilité de poursuivre leurs études dans leur pays. Cette bourse d’études comprend l’hébergement et les frais de scolarité dans le domaine de la Médecine Naturelle (Alternative). Deux étudiants serbes, un monténégrin et un hongrois ont d’ores et déjà reçu cette bourse d’études.
Avec l’aide de Gino Sterio, Marni Morrow et Djuro Zahid, un Fonds de Crise Rom (The Roma Crisis Fund) a été créé et $12.000 ont été collectés et distribués. Marni Morrow a visité les pays où le flux de réfugiés du Kosovo et Metohija a sérieusement grevé le budget des Organisations Roms locales, déjà utilisé au maximum. Elle a visité les camps de réfugiés de Leskovac, Nis, Kragujevo, Kraljevac, Belgrade en Serbie-Monténégro, Skopje et la frontière entre la Macédoine et le Kosovo.
En juin, un rendez-vous a été fixé avec le ministère du gouvernement australien des Affaires étrangères pour solliciter son soutien au Fonds de Crise Rom. Ramajana Rusitovic et Marni Morrow ont offert plusieurs documentaires sur le Kosovo à ce fonds. SBS Television a promis une couverture audiovisuelle par la Télévision Nationale. Au terme de chaque film, une publicité de collecte de fonds sera diffusée. Romani International - Australia Inc. a besoin de la confirmation écrite et des informations bancaires de Internal Romani Union pour les insérer à la fin de ces films afin de permettre aux gens d’envoyer leurs dons.
Romani International - Australia Inc. a aussi mis en place avec succès des boîtes de collecte de médicaments afin de les distribuer aux réfugiés kosovars au Monténégro. Ces boîtes ont été placées dans plusieurs villes et une deuxième tournée est en route. Plusieurs régions ont apporté un soutien inattendu à ce projet, y compris des Gadjé et des Roms.
Wendy Morrow a une émission de radio bimensuelle en Australie du Sud, et récemment, une émission radio régulière a été lancée à Victoria.

Partis politiques roms et organisations actives en Australie

Romani International - Australia Inc est une organisation pour les Roms (Gitans) d’Australie. Certains des services fournis aux membres incluent le logement d’urgence, l’aide à l’immigration, les informations culturelles, la traduction en anglais, etc. Dans le cas où un membre ou un autre Rom a besoin d’une aide d’urgence, cette aide lui est aussitôt offerte.
L’organisation est bénévole et gérée par des gens très dévoués travaillant dans plusieurs comités. Ces positions sont toutes accordées à titre honorifique. Tout l’équipement a été gracieusement offert. C’est à partir des dons envoyés par les membres que des projets spéciaux sont financés.
L’objectif de l’association comprend non seulement les activités décrites ci-dessus mais également, en fonction de la situation, les actions suivantes :

- établir, maintenir, diriger, conduire et promouvoir l’Association pour l’amélioration, l’éducation, la vie, le statut et le développement physique et mental du peuple Rom,

- établir et maintenir, s’affilier et rejoindre des associations et des organismes pour l’amélioration de l’éducation, la vie, le statut et le développement physique et mental du peuple Rom,

- promouvoir et sensibiliser à la Culture Rom,

- créer et maintenir des écoles et des centres de formation pour l’étude de tous les aspects de la langue, l’héritage et la culture Rom,

- suivre et protester contre tous les phénomènes Anti-Rom dans les médias,

- admettre les Roms de bonne foi à l’adhésion et à la constitution d’une association représentative travaillant conjointement pour la reconnaissance et l’identification du peuple Rom.
Les associations qui ont été identifiées sont mentionnées dans la liste ci-dessous. Toutes ne sont pas enregistrées, mais ce sont toutes des organisations de bonne foi, gérées par des Roms vivant en Australie et aidant à la promotion de la cause Rom en Australie. Il s’agit de America Australia Romani Society, Romani (Gypsy) Advisory Council of Australia, Romani International Australia Inc., International Romani Union Inc., Romani Kumpánia de New South Wales, Romani Association of Australia Inc., Romanian Romani Community, Romani Community de New South Wales, Romany Lore Society Australia, Romani Community of Victoria, The Romani Council, Victoria Romano Pralipe Association.
Pour contacter l’une de ces organisations, prière d’écrire clairement sur l’enveloppe le nom de l’association à qui vous adressez votre courrier ; postez là à l’adresse ci-dessous et nous la ferons parvenir au destinataire : P.O.Box 774.Ringwood Courrier Exchange.Victoria, Australie 3134. E-mail : romalen@hotmail.com

P.-S.

Marni Morrow - juillet 2002

Notes

[1] Source d’information : B. Kurda & R. Young, « Illiteracy : An Australian Focus » : Résultats de l’Étude menée par Romani International - Australia Inc. , Adélaïde, juillet 1995, pp. 6-12.

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