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Commerce international : les femmes passent à l’action

samedi 31 janvier 2004, par Dominique Foufelle

Les femmes s’emploient activement à alerter l’opinion sur les conséquences des différents traités commerciaux internationaux sur les femmes, en particulier l’AGCS. Rien d’étonnant : elles restent les principales pourvoyeuses de soins partout dans le monde.

Les femmes sont toujours mieux organisées quand il s’agit d’enjeux sociaux – telle est la conclusion de l’atelier organisé par IGTN (Réseau international femmes et commerce). IGTN a émergé de la résistance à Seattle. C’est un mouvement de femmes fort, regroupant des organisations d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes. Elles s’opposent au courant de la prise en compte de la question du genre dans les négociations commerciales, en ce qu’il affaiblit la vraie lutte, celle pour un commerce équitable. Elles estiment qu’il s’agit juste d’un discours ne menant nulle part. A la dernière conférence ministérielle de Cancun, c’est la légitimité de l’Omc qui a été remise en question, et l’urgence de plateformes nationales soulignée.

Les gens commencent à se demander pourquoi des biens universels comme l’eau et l’air devraient faire l’objet de marchés privés. Comment est-il possible de négocier en privé sur l’air ? Pourquoi serait-il nécessaire de privatiser l’électricité et l’eau, et libérer ainsi les Etats de leurs responsabilités face aux citoyen(ne)s ? Toutes ces questions sont soulevées par les femmes – qui sont partout les principales pourvoyeuses de soins, qui récoltent l’eau pour les foyers, qui sont de plus en plus les soutiens financiers de leurs familles.
Un travail urgent s’impose pour l’information et la prise de conscience des populations sur les implications des différents accords commerciaux internationaux, tout particulièrement celles de l’AGCS. Les femmes d’IGTN organisent de grandes campagnes d’éducation sur ces thèmes, en particulier les dépenses sociales de l’eau et les profits de la commercialisation de l’eau. En Afrique, elles ont organisé des "tribunaux de l’eau". Ces femmes interpellent et critiquent l’OMC, ainsi que les forums commerciaux régionaux, avec une perspective féministe. Elles critiquent ouvertement les politiques commerciales et prennent en charge des campagnes d’information – elles jouent un rôle crucial dans la lutte pour "leur autre monde".

P.-S.

Jivka Marinova – 19 janvier 2004
Traduction : Dominique Foufelle

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