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Genève : le sommet du ni oui ni non

samedi 31 janvier 2004, par Joëlle Palmieri

Le Sommet mondial de la société de l’information qui s’est déroulé du 9 au 12 décembre à Genève avec un goût de rien. Pas de réelle vision politique du côté des Nations Unies, course contre le pire côté société civile. Demi-teinte qui pourrait se colorer à l’horizon du prochain sommet à Tunis en 2005.

La première phase du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI) vient de fermer ses portes à Genève le 12 décembre, en attendant le rendez-vous de novembre 2005 à Tunis. Les deux documents qui en sortent – la déclaration et le plan d’action – donnent avant tout une impression désagréable de manque de vision politique et de souffle. À cela trois raisons principales :

- un manque d’intérêt en général - et de la part des responsables politiques en particulier pour ces sujets encore perçus à tort comme du ressort des "experts" (pour preuve la faible couverture médiatique) ;

- une démarche qui depuis le début oscille entre approche techniciste (concentrée sur les infrastructures et les débouchés de marchés) et une ambition plus sociétale (les technologies au service du développement humain) ;

- des négociations laborieuses jusqu’à la dernière minute sur des enjeux aussi essentiels que la solidarité numérique Nord/Sud, la sécurité et les libertés publiques, la gouvernance d’Internet…
Les ONG et mouvements sociaux investis dans la négociation ont le sentiment, à défaut d’avoir pu promouvoir une vision alternative de la société de l’information, d’avoir réussi à éviter la publication de documents bien plus régressifs, notamment en matière de droits de l’homme. Une avancée, d’autant plus en demi-teinte que la seconde étape de ce sommet se déroulera en Tunisie, pays dont le gouvernement emprisonne les webmasters qui le dérangent ! Cependant, en réaffirmant à travers leurs propres documents des objectifs aussi essentiels que la défense du bien commun de l’information, ou la promotion des médias communautaires et du logiciel libre, ces mouvements prennent également date pour les prochaines discussions qui se dérouleront à l’échelle nationale ou continentale.
Reste que ce sommet a certainement contribué à la prise de conscience par de nombreux acteurs de l’importance transversale jouée pas la révolution informationnelle et de l’importance d’en faire un champs de l’action collective. Le sommet de Lyon, qui en amont de Genève réunissait des villes et régions du monde entier, en est une illustration : pour la première fois des collectivités locales affirmaient ensemble que ces questions entraient dans le champs de leurs responsabilités politiques.

P.-S.

Transversales – décembre 2003

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