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Guerre contre les femmes et femmes contre les guerres

lundi 19 janvier 2004, par Dominique Foufelle

Tous nos futurs sont liés. Nos vies dépendent des conflits d’aujourd’hui, d’hier et de demain. Femmes appartenant aujourd’hui à une communauté d’oppresseurs, nous pouvons dès demain subir le joug d’une autre communauté.

Opprimée hier pour notre appartenance communautaire, religieuse, ethnique, demain notre implantation géographique nous impliquera dans une guerre que nous n’avons pas choisie.
Quelle femme aujourd’hui peut affirmer que son mari, son fils, son frère, son père, ne sera pas le massacreur de demain. Nombreuses sont celles qui diront non et pourtant. Partout l’impossibilité des femmes à faire cesser les conflits témoigne de leur statut mineur dans nos sociétés. Partout où les hommes prennent les armes, la parole des femmes est muselée, anéantie.
En témoigne le génocide des populations musulmanes au Gujarat et son lot de tortures et de viols dénoncés par les féministes indiennes au Forum social. Ces violences perpétrées par les Dalits, pauvres parmi les pauvres, caste la plus basse de la société indienne. Les Dalits qui du fait de leur appartenance à la hiérarchie hindouiste - même au plus bas échelon - sont convaincus de la légitimité de leurs actes sanguinaires contre la minorité religieuse musulmane.
Le conflit israélo-palestinien est sans contexte la meilleure illustration de cet absolu illogisme qui consiste à faire subir à autrui ce que l’on a soi-même subi. Une implaccable terreur latente qui s’amplifie soudain. Un jour ici, un jour là. Un jeu auquel sans difficulté les hommes dans leur immense majorité se laissent prendre du jour au lendemain.
Mais n’est-ce pas finalement et simplement l’apogée d’un continuum de violences que les hommes exercent tous les jours et même en temps de paix dans les foyers, la rue, les lieux de travail. Alors quelle conclusion devons nous en tirer, nous les féministes. Nous qui tentons de lutter transversalement pour les droits de toutes les femmes quelle que soit leur appartenance religieuse, ethnique ou nationale. Finalement n’est-ce pas précisemment cette appartenance contre laquelle nous devrions lutter aujourd’hui pour que demain nous ne soyons pas les prochaines victimes ou les prochaines complices ?

P.-S.

Natasha - 19 janvier 2004

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