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Femmes immigrées et économie

mercredi 31 décembre 2003, par Laurence

Libéralisation forcenée, privatisations, conflits : les raisons de migrer se renouvellent, les femmes fuient toujours la pauvreté. Mais elles sont loin du cliché de la femme recluse au foyer, du "bagage inoffensif du travailleur immigré". Ce ne sont pas uniquement des musulmanes voilées. Qui sont-elles ? D’où viennent-elles ? Qu’apportent-elles ? Tour d’horizon pour chasser les préjugés.

Contribution au séminaire sur les femmes migrantes du 12 et 14 Novembre 2003, 2ème Forum Social Européen.
Cette étude a été menée initialement pour rendre visible le rôle économique des migrantes méditerranéennes, pour le 5ème Congrès des femmes de la Méditerranée, qui s’est tenu du 23 au 26 Octobre 2003 à Athènes, au nom du Forum Femmes Méditerranée Marseille (déclaration en annexe).
Je tiens à remercier par avance le FASILD pour tous ses travaux, les séminaires de femmes migrantes du Forum Social Européen de Florence, de la rencontre internationale des femmes de Cancun, mes grand-mères émigrées et toutes les femmes migrantes que j’ai pu rencontrer dans leur quartier ou leurs associations, qui ont nourri ma réflexion.

1/Migrations

La migration des populations est un phénomène social, économique et culturel. Ce phénomène est né avec les premiers hommes de notre planète qui migraient pour se protéger, se nourrir, découvrir, s’initier... La migration, la circulation des personnes, fait partie de l’histoire de l’humanité depuis plus de 2 millions d’années, avant que n’existent les frontières. Elle fait aussi partie intégrante de l’histoire de l’Europe et particulièrement de la Méditerranée, des rives Nord vers les rives Sud et vice versa. Aujourd’hui, les migrants viennent essentiellement des pays en guerre et/ou pauvres, et les femmes migrantes sont de plus en plus nombreuses et pourtant occultées. La première région d’immigration n’est pas l’Amérique du Nord, contrairement aux idées reçues, mais bien l’Europe.

Des hommes et... des femmes derrière les chiffres
Dans le monde, d’après le rapport 2002 des Nations Unies sur la population(1), le nombre de migrants dans le monde a atteint 175 millions (3% de la population mondiale). Le nombre des migrants a plus que doublé depuis 1975, la plupart d’entre eux vivent en Europe (56 millions), en Asie (50 millions) et en Amérique du Nord (41 millions). Dans les régions développées, près d’une personne sur 10 est migrante.

Pratiquement un immigrant sur deux en Europe et dans le monde (47%) est une femme, en France 46,9% (1). Le pourcentage le plus élevé de femmes africaines (nord-africaines incluses) se trouve en France et au Portugal ; en Espagne, ce sont surtout des nord africaines, des latino-américaines et des philippines ; les femmes asiatiques sont les plus nombreuses au Royaume Uni et au Danemark. En Europe, des migrantes venant de pays extérieurs à l’Europe, les Turques sont les plus nombreuses, suivies des nord-africaines (Algériennes, Marocaines, Tunisiennes). 78% des migrantes non européennes habitent dans 3 pays : France, Allemagne, Royaume Uni.
Il y a même des migrations essentiellement féminines vers l’Islande et le Royaume Uni, venant d’Inde, de Pologne, de l’Europe de l’Est, des Philippines, ces dernières sont trois fois plus nombreuses que les immigrants philippins (Rapport sur les migrantes des pays tiers vers l’Union européenne (2) ).

De nouvelles raisons de quitter son pays
Aujourd’hui une nouvelle vague de migrantes venant de l’ex URSS et de l’ex Yougoslavie a apporté une main d’œuvre très qualifiée et peu chère en Europe de l’Ouest, mais elle a aussi alimenté la traite des femmes.
Le nombre des femmes migrantes suit l’augmentation de la pauvreté dans le monde.
Dans l’union européenne, le nombre des femmes et des hommes migrants a progressé régulièrement au cours des 30 dernières années(1), correspondant au début de la mondialisation financière néolibérale et à l’augmentation du fossé séparant les pays pauvres des pays riches. Sachant que les femmes représentent 70% des pauvres de notre planète, ce sont elles qui ont le plus de raison de chercher un ailleurs meilleur.

Les divers accords (partenariat euro-méditerranéen, accords bilatéraux, ALENA...) n’ont fait qu’appliquer la tendance mondiale à la libéralisation, levant les barrières douanières pour le commerce ou les capitaux, mais restreignant de plus en plus la circulation des personnes !
Par exemple, les investissements directs à l’étranger dans les pays du sud de la Méditerranée, comme l’Accord de Libre Echange Nord Américain (ALENA) au Mexique, ont surtout créé des emplois précaires et sous-payés, à 80% pour les femmes, dans des zones franches d’exportation (ZFE), surtout dans le secteur manufacturier de l’habillement, du textile (en Egypte elles sont 58% du nombre total des travailleurs du textile, en Jordanie 70%, au Maroc, en Syrie et en Tunisie 74%) des composants électriques pour les voitures (Maroc, Tunisie), des industries chimiques ou agro-alimentaires. Ces emplois non qualifiés compensent très mal les conséquences négatives des privatisations : les coupes dans les budgets sociaux, la disparition des services publics, la hausse du chômage qui touchent essentiellement les femmes. En Egypte, la réduction du nombre des entreprises publiques (80% des emplois féminins en 1998) a fait, en 2000, chuter le taux d’emploi féminin. Privatisations fortement conseillées dans les Plans d’ajustement structurel du Fond Monétaire International, et les divers accords intergouvernementaux euro-méditerranéens. Compétitivité, productivité et flexibilité sont devenus les maîtres mots des législation du travail en Egypte, d’après le rapport Femise 2002 (3).

Ces nouvelles politiques de concurrence, de privatisation et de libéralisation des échanges se répercutent en premier sur la population féminine. Les femmes travaillent plus longtemps, gagnent moins, n’ont plus accès à la formation, au crédit. Elles compensent les déficits de services publics dans leur famille... ce contexte les incite encore plus à migrer pour résister aux conditions de vie qu’un tel modèle de société leur promet.

La femme migrante actuelle quitte son pays afin d’améliorer sa situation économique et sociale, à son propre compte, et non plus pour rejoindre son mari. Ces migrantes sont souvent célibataires, donnent priorité à leur carrière et ne fondent une famille qu’après leur installation dans le pays d’accueil.
Parmi elles, de plus en plus, se trouvent des médecins, des professeures, des chercheuses, des étudiantes qui veulent poursuivre leurs études, des femmes très qualifiées en quête d’un travail à la hauteur de leurs compétences et qui ne trouvent à leur arrivée que des emplois de domesticité ou de services, peu rémunérés et peu valorisants.
Par exemple, 40% des immigrantes en Suède, venant de l’Europe du sud et de l’Est ont suivi une formation ou acquis des qualifications dans leur pays d’origine, que l’on n’a jamais valorisées dans le pays d’accueil. De même, les femmes migrantes en France ou en Angleterre, qui ont un bagage culturel, universitaire ou une expérience professionnelle importante, ne se voient proposer que des emplois sous-payés dans la restauration et l’entretien(2).
Nous nous privons ainsi d’une main d’œuvre hautement qualifiée et nous désespérons ces femmes de valeur...

Des femmes invisibles, des clichés surannés
En France, ces femmes sont invisibles, cachées par le stéréotype de l’immigré : homme, nord-africain, peu qualifié, employé du bâtiment ou de l’industrie.
L’invisibilité des femmes migrantes est due à 3 raisons :

- Les travailleurs migrants des années 50 et 60 arrivaient seuls, sans leur famille.

- Les femmes étaient peu présentes dans l’espace public.

- Elles travaillaient majoritairement dans le secteur informel, donc non déclaré ou en tant qu’employées de maison.
Elles sont perçues comme un bagage inoffensif et silencieux du travailleur immigré, peu nombreuses et recluses au foyer. Elles sont moins inquiétantes pour l’opinion publique, car sensées calmer l’agressivité des maris et les stabiliser : le travailleur immigré rentrait le soir auprès de sa femme au lieu de traîner dehors.
Aujourd’hui leur image oscille de la musulmane voilée, manipulée par les "grands frères" intégristes, à la "beurette" qui cherche à s’émanciper, cachant le très grand nombre des femmes immigrées venant d’Europe (Sud et Est, les plus nombreuses), d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.

Leur représentation dans la sphère publique décisionnelle (représentation parlementaire ou dans les instances publiques ou les directions de grandes entreprises) est quasi inexistante, anecdotique ou sert souvent d’exception à la règle ou de note exotique. Beaucoup de partis politiques cherchent à ajouter dans leurs listes pour les élections locales ou européennes, au moins une femme immigrée, comme une "prime à la féminité ethnique", mythe selon lequel l’intégration à la française passerait d’abord par les femmes. Cependant, les partis ne laissent aucune liberté d’expression à ces élues. A ce jour, aucune élue députée, aucune sénatrice, aucune conseillère régionale ou générale, n’est une femme issue de l’immigration ; il y a seulement une secrétaire d’état, quelques conseillères techniques dans les ministères, 78 élues conseillères municipales de villes de plus de 50 000 habitants, dont 5 à Marseille.
Parmi les femmes diplômées de 5 ans d’études supérieures ou plus, aucune femme issue de l’immigration, n’a obtenu de poste de cadre, contre 38% chez l’ensemble des femmes et 47% chez les hommes (chiffres INSEE 2003,rapport FASILD).

2/Les apports financiers des femmes migrantes

Plus de la moitié des femmes immigrées en France travaillent aujourd’hui
Partout dans le monde, les femmes accèdent de plus en plus au travail rémunéré (de 34% à 40% les dix dernières années). Par contre, on ne leur laisse pas de place dans les instances décisionnelles économiques et financières (voir la représentation féminine à l’OMC, au FMI ou à la Banque Mondiale). Mondialement, le travail se féminise, mais les conditions de travail et de rémunération sont pratiquement toujours inférieures à celles des hommes et pour les migrantes, inférieures aux salaires des femmes autochtones. Cela a amené les femmes migrantes (plus que les natives de leur pays d’accueil) à travailler dans le secteur informel ou à créer leur propre entreprise.

Même si le taux d’activité des femmes immigrées, âgées de 15 à 65 ans reste inférieur à celui des autres françaises il a progressé fortement de 36% en 1990 à 53,2% en 2002. Elles sont plus nombreuses que les françaises à créer leur propre entreprise, mais se trouvent souvent cantonnées dans les services de soin ou de maison. L’analyse des parcours des femmes immigrées depuis les années 70, a montré que travailler durablement pour elles dépend de leur niveau d’études, de la maîtrise de la langue, de la situation de famille, du contexte économique, du motif de la migration, mais surtout du pays d’origine. Les migrantes de l’intérieur de l’Europe obtiennent plus d’emplois, surtout moins précaires que les Nord-africaines. Et parmi ces dernières ce sont les Algériennes qui ont le taux d’activité le plus important. De leur côté, les hommes immigrés ont un taux d’activité en recul. Les femmes immigrées occupent en majorité des places d’employées (52%) et les hommes d’ouvriers. La précarité de l’emploi est plus fréquente chez les immigrées que chez les autres femmes, et ce sont les Nord-africaines qui en sont le plus victimes. Temps partiel pour 41% d’entre elles contre 34% chez les non-immigrées. Le chômage suit le même schéma, mais diminue lorsque le niveau d’étude augmente. Il est à remarquer que les jeunes femmes sont plus touchées que les plus âgées et que les immigrées d’Afrique sont davantage au chômage que celles venant d’Asie ou d’Europe. (chiffres INSEE, rapport FASILD)

Une importante source de revenu pour leur pays d’origine
Les femmes représentent pratiquement la moitié des migrants. Plus de la moitié d’entre elles travaillent aujourd’hui. Les migrantes méditerranéennes occupent essentiellement des places d’employées dans les services (ménage, soin, restauration). Elles contribuent de façon non négligeable (notamment les employées de maison) au développement économique de leur pays d’origine par les transferts de fonds, et à celui de leur pays d’accueil par leur travail et leur consommation.
Les transferts des salaires des travailleurs émigrés contribuent de manière substantielle aux recettes en devises et sont un complément majeur au produit intérieur brut. Ainsi en 2000 ces envois de fonds ont fait accroître de plus de 10% le PIB de la Jordanie, ont ralenti en Egypte et en Israël la progression du déficit, représentent au Maroc en janvier 2002 le double des recettes du tourisme. Seule la Turquie voit une baisse de 45% sur 5 trimestres des transferts des travailleurs émigrés. Dans les pays du Sud de la Méditerranée, traditionnellement, le déficit commercial est compensé par moitié par les services et les envois des travailleur(se)s émigré(e)s qui représentaient en 2000 plus de 13 milliards de dollars, à remarquer que la moitié de ces transferts sont pour Israël.(3)

Les Pays des rives sud de la Méditerranée sont ceux qui sont les plus dépendants de l’émigration à travers le monde du fait de l’ampleur considérable des envois de fonds des émigrés. En 1993-94 le montant des transferts de revenus des émigrés égyptiens (6 milliards de dollars) était 12 fois plus élevé que celui des entrées d’Investissements Directs à l’Etranger (IDE). Dans les années 1980, la Jordanie a perdu plus d’un tiers de ses travailleurs qualifiés. (rapport Femise 2002)

Victimes de l’économie criminelle internationale
Il est un autre apport financier, mais celui-là contraint, des femmes migrantes à l’économie de leur pays et à l’économie criminelle internationale, celui de la prostitution, de la traite des femmes. Beaucoup d’entre elles, originaires des rives nord-est de la Méditerranée, ont été trompées par de belles promesses de mariage ou de travail dans l’Eldorado de l’Europe de l’Ouest, ou ont été prises dans les filets des réseaux mafieux de passage clandestin. Des transnationales du crime organisé, bernent, séquestrent, achètent, vendent, violent, torturent des milliers de jeunes femmes de l’Europe de l’Est. En Bosnie-Herzégovine et en Serbie, se trouvent de véritables marchés aux esclaves entre trafiquants roumains et souteneurs serbes où les femmes sont achetées 511 euros avant d’être passées dans les camps de soumission pour être revendues ensuite 2700 euros. Au Kosovo, les femmes sont vendues aux enchères de 1084 à 2709 euros aux proxénètes (un proxénète, en Macédoine peut gagner jusqu’à 20 000 euros par mois). L’ex Yougoslavie constitue la plaque tournante de cet odieux trafic, et les politiques locaux ferment les yeux sur l’origine de cet argent qui corrompt tous les niveaux de l’Etat. En Italie, les étrangères sont la moitié des 50 000 prostituées, la police estime qu’elles rapportent 50 millions d’euros par an. En France, la moitié des prostituées seraient aussi des étrangères et engendreraient un chiffre d’affaire annuel évalué à 1,5 milliards d’euros. A Paris, sur 7000 prostituées, la moitié sont des migrantes dont 300 Albanaises et rapportent chacune de 500 à 1000 euros par jour à leur souteneur. Un réseau Bulgare à Nice a récolté plus de 30 000 euros qu’il a rapatriés par mandats postaux en Bulgarie et réinvestis dans l’immobilier. Ces réseaux mafieux retirent des sommes colossales de l’ordre de plusieurs milliards d’euros par an qu’ils placent dans les paradis fiscaux ou réinvestissent dans leur pays d’origine, dans des entreprises, ou l’immobilier. Ils incitent ainsi ces pays à fermer les yeux sur la traite de femmes et à vouloir régulariser ce trafic pour insérer ces dividendes dans leur PIB....

Aucune raison économique ou sociale ne peut légitimer cet esclavage moderne, qu’est la traite des êtres humains, dont la prostitution est une des branches les plus importante. Nous engageons tous les gouvernements européens à ratifier la Convention de Palerme contre la criminalité transnationale organisée et surtout le protocole d’application relatif à la traite des êtres humains, à lever le secret bancaire des paradis fiscaux qui couvre le blanchiment de l’argent criminel.

Le rôle économique des migrantes ne se réduit pas à leur apport financier
Elles sont porteuses de développement durable, de formation, de transfert de technologie via les projets associatifs, de transformation de leur société d’origine et de leur société d’accueil. De même, par leur travail domestique elles assurent la reproduction de la force de travail dans le pays d’accueil, la leur d’abord, celle de leur conjoint, de leur famille, et la formation de leurs enfants.

Les migrantes ont créé en France, dès les années 70 des associations (groupe femmes algériennes, collectif femmes immigrées, collectif des femmes du Maghreb, les Yeux Ouverts, les nanas beurs, etc.) qui se sont multipliées pour construire des solidarités entre ici et là-bas, au carrefour entre les luttes féministes et les mouvements de l’immigration. Les ONG de femmes ont créé des réseaux euroméditerranéens de femmes dans la vie économique et pour le développement durable. Il existe en France de nombreuses associations de ressortissants très actives, qui souvent, soutiennent des projets de développement dans leurs pays d’origine, pour développer la création économique, l’épargne, le crédit, l’accès à la terre ou à la formation des femmes. De même, beaucoup d’associations luttent pour les droits des femmes (association des sans-papières, marche mondiale des femmes, etc.), notamment celui de l’accès aux richesses et au travail ainsi qu’au droit de libre circulation. Le Forum Femmes Méditerranée, par la promotion de la création féminine, littéraire et artisanale, tout autour de la Méditerranée, a développé le tissu économique féminin de la Méditerranée, a valorisé et souvent révélé le travail et la créativité de ces femmes.

Aucune statistique officielle ne traduit l’apport majeur de ces actions de développement. Comme souvent, le travail des femmes reste invisible et non comptabilisé dans les budgets officiels. Il est vrai que ce serait difficile à chiffrer tellement l’impact de ces actions est à très long terme. Quand on redonne confiance à une femme en ses capacités, c’est souvent tout un groupe familial et social que l’on touche et qui va pouvoir sur plusieurs générations développer les capacités révélées.

Conclusion

Les migrantes jouent un rôle prépondérant pour le développement économique de leur pays d’origine et dans la lutte contre la pauvreté par les transferts financiers et le soutien de projets de développement. Elles sont créatrices d’entreprises, consommatrices, reproductrices de la force de travail et force de travail elles-mêmes, dans le pays d’accueil, donc participent à la richesse économique locale. Malheureusement, elles sont peu protégées, elles doivent faire face quotidiennement à la traite des femmes et aux discriminations sexistes et racistes, professionnelles, sociales, mais aussi à la loi du marché de la mondialisation libérale. Les instances de décisions de politique économique nationales et internationales ne leur laissent aucune place. Cependant, il faut remarquer l’entrée en vigueur en juillet 2003 de la "Convention Internationale sur les droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille" aux Nations Unies. Cette convention constitue une avancée dans la protection des migrantes travailleuses et de leurs droits fondamentaux.

Les études et recherches concernant les migrantes, ont l’habitude de ne traiter que des oppressions subies par ces femmes, basées sur l’ethnicité, la classe et le genre. Leurs apports, leurs capacités, leurs compétences, leur courage et leur résistance sont trop souvent occultées, de telle sorte que se développe cette fausse image de la migrante : un être faible, victime soumise, de niveau scolaire peu élevé et en marge de la société.
Pourtant, les migrantes et leurs descendantes luttent au jour le jour, au sein de leur famille, de leur communauté ou de leur quartier, elles sont de plus en plus actives et engagées. Elles prennent la parole dans les assemblées, pour revendiquer leur identité, la justice, l’égalité et la citoyenneté. Plus résistantes que soumises, elles veulent être des citoyennes à part entière dans leur pays d’accueil comme dans leur pays d’origine.

Reconnaissons la valeur de leur travail et de leur parole, rendons visibles leurs apports économiques et culturels. Elles sont nos égales, traitons les avec le même respect que nous désirons pour nous : une guerre, une crise économique, un futur désespérant et nous sommes toutes des migrantes potentielles...

P.-S.

Claudine Blasco
ATTAC France. Commission Femmes, Genre et Mondialisation
Décembre 2003

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