Accueil du site > Forum Social Européen 2003 > FSE - Événements > Quand l’Etat laxiste devient complice

Violences contre les femmes

Quand l’Etat laxiste devient complice

jeudi 13 novembre 2003, par Rachida Toubert

S’unir pour faire pression sur les gouvernements, contraindre l’Europe à légiférer pour protéger les femmes, garantir la sécurité des femmes, responsabiliser les politiques sur ce problème dans nos sociétés androcentrées… Un enjeu à la fois politique et humain , qui fut débattu lors d’un des ateliers de l’Assemblée des femmes, mercredi 12. Mais nos gouvernements sont-ils à la hauteur ?

De l’Ouest à l’Est du continent, associations et ONG de femmes exigent des Etats membres de l’Union Européenne une réelle implication dans la lutte contre les violences faites aux femmes ; notamment les violences domestiques et prostitutionnelles qui font, respectivement en Espagne et dans certains pays de l’Europe de l’Est, de nombreuses victimes.
L’appui des militant-es associatifs allègent la peine de ces femmes écorchées vives mais ne résout pas leur problème. En effet, ces femmes ont besoin de politiques ambitieuses et d’une législation protectrice qui condamneront avec détermination ces atteintes à la dignité humaine. Donner les moyens à ces femmes de se sortir de ce calvaire et de goûter au plaisir d’une vie normale ne peut se faire sans leur attribuer une aide financière conséquente et ce ne sont pas les 300 euros mensuels versés pendant les dix mois de la procédure judiciaire par certaines Communautés autonomes espagnoles(encore faut-il qu’elles aient le budget ou qu’elles souhaitent vraiment y contribuer) qui les aideront dans leur démarche émancipatrice.

De timides propositions


En Espagne, une récente loi sur les violences conjugales éloigne le conjoint brutal du domicile conjugal 72 heures après l’acte délictueux. Insuffisant ! S’insurgent les militant-es qui défendent au quotidien les victimes. Toutefois, nous serions tentées de saluer cette initiative du gouvernement espagnol lorsqu’en Hongrie, une même loi propose de créer des structures d’accueil sécurisées pour les hommes qui ont roué de coups leur partenaire. Il fallait y penser ! Que dire quand l’ensemble des acteurs sociaux (la police, les services sociaux et la justice) sont informés et mobilisés pour protéger une victime de la violence conjugale et que cette dernière meure sous les coups assenés par son bourreau de conjoint ou de compagnon ?
Le cauchemar ne s’arrête pas là. On peut faire pire ! Le traitement de la prostitution par certaines institutions démontre combien il est important de redoubler de vigilance et de continuer à condamner la chosification sexuelle du corps de la femme. Broyées dans la machine infernale de la prostitution, ces personnes le sont aussi par la machine étatique. Alors que les proxénètes s’en tirent plus ou moins à bon compte, les prostituées sont emprisonnées ou renvoyées dans leur pays d’origine sans aucune pitié. En outre, dans la béatitude collective née de la préparation des JO 2004 à Athènes, le Conseil municipal de la ville a trouvé LA solution pour régler une bonne fois pour toutes le problème de la prostitution : remettre à jour la loi de 1999 sur la prostitution qui met à disposition des prostituées de la capitale grecque dans les « infrastructures » hôtelières afin d’accueillir dans les meilleures conditions les très attendus touristes. No comment ! La prostitution, un vrai business. Forcément, chacun en veut une part !

P.-S.

Leïla Laouati - 12 novembre 2003

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0