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Et qu’en est-il des Balkans ?

jeudi 13 novembre 2003, par sophiec

A l’heure actuelle, l’Union Européenne s’élargit aux Balkans : la Croatie, la Roumanie se préparent à intégrer l’UE, la Grèce y participe depuis déjà près de vingt ans. Par contre, certains pays nés du démantèlement de la Yougoslavie ont du mal à se reconstruire et sont loin de pouvoir rejoindre les pays de l’UE. Tour d’horizon.

Lors de la première journée du FSE, la Grande Halle de La Villette a accueilli des visiteurs des Balkans, syndicalistes pour la plupart, pour parler de leur réalité et des possibilités d’intégration à l’Europe.
Après une longue période de souffrance, le Kosovo, la Serbie ou encore la Bosnie-Herzégovine se relèvent difficilement. Au Kosovo, 50% de la population est pauvre et 12% vivent en-dessous du seuil de pauvreté et le Produit National Brut (PNB) était nul en 1999. En Serbie, le salaire moyen a chuté de 700 euros à 180 euros en 12 ans. Or, suivant le pouvoir d’achat de Serbie, le salaire moyen pour vivre dignement serait de 250 euros. Le développement économique a du mal à s’enclencher entraînant de graves conséquences. La population de ces pays est assez jeune (au Kosovo, la moyenne d’âge est de 27 ans) et les réseaux mafieux - prostitution, traffic d’armes, drogues - profitent de cette misère pour faire miroiter aux jeunes un avenir plus radieux. Par ailleurs, la situation politique est très incertaine, puisque les gouvernements ne semblent pas pouvoir agir pour relancer l’économie. On parle dès lors d’une privatisation des entreprises publiques pour aider l’Etat à gérer son budget. Mais les acteurs privés respecteront-ils les droits sociaux des travailleurs ? Quel est le prix de ce type de développement économique ? La question reste entière.

La paix retrouvée dans les Balkans ?


Ces difficultés économiques n’ont heureusement pas altéré la paix ethnique retrouvée en ce début de siècle. La région des Balkans mêle différentes ethnies. Elles sont différentes par leur culture, leur langue, leur religion mais partagent une grande partie de leur histoire. Dans les années 90, les sentiments nationalistes ont été exacerbés par des dirigeants populistes comme Milesovic, conduisant les populations à se haïr. Les rancunes, après les massacres et les violences subies (notamment par les femmes, car dans un conflit ethnique, le viol devient une véritable arme de guerre et d’épuration ethnique), se sont aujourd’hui apaisées. Mais pour que cette période soit totalement révolue, reste la question du jugement des coupables. Milosevic et d’autres acteurs majeurs de ce conflit ont été présentés et jugés par le Tribunal Pénal International de la Haye (TPI). Or des associations civiles remettent en question la légitimité du TPI et demandent à ce que les accusés soient jugées par la Cour Pénale Internationale de La Haye.
Aujourd’hui, ces nouveaux pays ont besoin de l’aide internationale et notamment de l’UE pour se reconstruire économiquement et politiquement afin d’éviter de nouveaux conflits inter-ethniques.

P.-S.

Sophie Caussanel, 13 novembre 2003

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