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Droits sexuels et reproductifs

Triste régression !

mercredi 12 novembre 2003, par Yanina

Le droit à l’avortement et à la contraception est une des clés de voûte de l’autonomie des femmes. Contrairement à l’idée reçue que les problèmes autour des droits reproductifs sont déjà réglés en Europe, cet atelier tire un signal d’alarme.

Le sujet de l’atelier insiste sur l’idée d’une régression en matière de droits reproductifs. En effet, parmi les pays où la législation a changé dans un sens favorable, le retour en arrière est toujours d’actualité. En Pologne notamment, l’emprise politique de l’église a interdit tout recours à l’avortement et a pu imposer cette interdiction comme une condition de son entrée dans l’Union Européenne. Le fondamentalisme croissant ne cache aucune de ses facettes et domine facilement les peuples des pays en transition comme le souligne, Mme Nowicka.
Nous constatons donc l’absence de véritables cultures des droits humains dans les pays d’Europe de l’est, au Portugal ou en Irlande, ainsi que l’absence d’une culture de revendication des ces droits, ou d’une tradition de groupes de pression. Ce vide est favorisé par une présence systématique de politiques de droite qui soutiennent des modèles de famille traditionnelle par le biais notamment d’associations pour les familles nombreuses.

Droit à la procréation : danger


En outre, d’autres sujets relatifs à la sexualité ont été soulignés au cours de l’atelier. Ainsi, le Sida touche plus les femmes que les hommes ! Pas de doute qu’une prise de position féministe est nécessaire. Cette épidèmie réactualise les problèmes de la maîtrise de son corps et de sa sexualité, mais surtout remet en cause l’image traditionnelle de la femme donneuse de vie, à travers la femme contaminée.
Mais pendant qu’on parle de procréation au nord, c’est la stérilisation qui est à l’ordre du jour au sud ! Aussi simpliste que cela puisse paraître, c’est la stricte vérité. Face à la stérilisation "volontaire" des Roms en Slovaquie (le non-respect de la condition de consentement volontaire est malheureusement fréquent), les nouvelles techniques de reproduction continuent à lutter contre ce "grand drame" de la stérilité. A ce sujet, voici une information insolite : la principale cause de recours aux douloureuses techniques de procréation médicalement assistée est la stérilité masculine !
En conclusion de l’atelier, une proposition a été formulée : la construction d’un réseau européen qui se réunirait au moins une fois par an pour coordonner les actions relatives aux droits sexuels et reproductifs. Cette idée, très bien reçue dans la salle, montre la prise de conscience de la régression en matière de droits reproductifs. Ces droits ne peuvent pas être séparés des droits économiques et sanitaires, qui sont d’ailleurs mis à rude épreuve. Sans une bonne santé publique et sans véritable égalité de traitement, parler "à nouveau" de droits reproductifs en Europe ne semble pas très convaincant. Dans ce contexte, il n’est pourtant pas vain de "penser au niveau global, et agir au niveau local" comme le propose Mme Ribeiro Dos Santos.

P.-S.

Yanina Guzman - 12 novembre 2003

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