Accueil du site > Débats > Canicule en France : un rapport en trompe l’oeil

Canicule en France : un rapport en trompe l’oeil

mardi 30 septembre 2003, par Laurence

Le rapport " d’experts " du 8 septembre n’a pas tiré la leçon essentielle de la catastrophe sanitaire de cet été liée à la canicule. Cette catastrophe a mis dramatiquement en lumière le délabrement de notre système de soins. Il était déjà à bout de souffle dans son fonctionnement quotidien et il a "explosé" face aux circonstances brutales et inhabituelles liées à la canicule.

D’une part, on n’a pas su faire face à l’urgence liée à la déshydratation des personnes mais surtout on a laissé se constituer en amont les conditions de cette déshydratation, liées essentiellement aux mauvaises conditions socio-économiques des personnes concernées.

Cette catastrophe n’est pas isolée. Elle est à relier à d’autres situations pathogènes pour lesquelles les décideurs politiques ferment les yeux : cancers professionnels et environnementaux, augmentation très rapide des cas d’obésité, accidents du travail, précarité, etc.

Il est certes nécessaire de redonner des moyens en personnels dans les secteurs du soin sinistrés par la pénurie : pénurie de médecins généralistes et d’infirmières libérales qui fuient la profession en raison des difficultés grandissantes d’exercice, étranglement du système hospitalier public par les coupes budgétaires. Mais cette réponse quantitative indispensable n’est pas suffisante.

Il s’agit aussi dès aujourd’hui de transformer notre système de soins. Celui-ci est totalement cloisonné et uniquement orienté vers la réponse individuelle à la maladie. Il est indispensable d’inclure dans les pratiques quotidiennes des soignants et des soignés les valeurs de santé publique.

Cela suppose d’instaurer dans le quotidien des professionnels du soin et de la population des pratiques régulières de collaboration et d’articulation telles qu’elles sont développées dans les réseaux de santé de proximité. Ces pratiques nouvelles existent, mais on fait tout pour les empêcher d’exister : coupures budgétaires, contrats non renouvelés.

Cela suppose aussi que la continuité des soins soit considérée et prise en charge comme une nécessité de mission de service public.

Cela suppose enfin de revoir le mode de rémunération des médecins généralistes avec la nécessaire sortie du paiement à l’acte.

Nous, soignants, exigeons de la part de nos tutelles (Etat, Assurance maladie) que de telles pratiques collaboratives soient soutenues et développées.

Ces pratiques nouvelles d’où émergent de meilleures approches collectives de la santé sont le seul garant pour éviter ou minimiser les " catastrophes sanitaires " actuelles ou à venir.

Pour tout contact presse,
Dr Patrice Muller 06 81 44 68 49
Dr Marie Kayser 06 86 55 80 02

P.-S.

Syndicat de la médecine générale - 10 septembre 2003

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0