Accueil du site > Ressources > Femmes et sida : pour une approche spécifique

Femmes et sida : pour une approche spécifique

samedi 30 août 2003, par Polixene

Face au VIH les femmes cumulent des circonstances aggravantes : manque d’informations, situations socio-économiques fragiles, prostitution... Elles sont une cible privilégiée du virus et le cumul des fragilités tue. Sur les plans plus strictement physiologique et médicaux aussi, hommes et femmes ne sont pas égaux face au sida.

Les femmes ont plus de risques de contracter le VIH lors de rapports sexuels non protégés. Les muqueuses utérines et vaginales offrent une surface plus étendue et fragilisée (règles, accouchements,ménopause, ist présentes mais non detectées...) à la contamination que le corps masculin. Ces muqueuses sont encore plus fragiles chez la jeune femme, facilitant la transmission.

Les agressions sexuelles, par leur violence sont une autre, et d’importance, source de fragilité physique particulière (il est d’ailleurs important de rapeller qu’en cas d’agression comme de rupture de préservatif, les traitements d’urgence sont à prendre dès que possible et sont disponibles gratuitement dans les hopitaux français).

On comprends donc que le cumul agression et fragilité de l’adolescente ou la femme juvénile, rend particulièrement sensibles au virus les jeunes filles, d’autant plus que lors du premier rapport sexuel (à cause de la rupture de l’hymen) les risques de contamination sont également élévés.

Alors - si l’acte même ne suffisait pas à révolter - l’horreur des agressions qui poussent des hommes à coucher avec ou agresser des femmes de plus en plus jeunes pour éviter la contamination nous frappe au visage...

Pour les migrantes, ici en France, certaines pratiques (dry sex, sodomie pour préserver la virginité, mutilations...) couplées à la précarité (sans papiers-sans santé) aggravent leur vulnérabilité.

La recherche, les essais et les traitements

La prise de conscience de ces particularités s’accompagne aussi de revendications dans le domaine de la recherche, des traitements et de l’information au patient.
Lors du forum communautaire, un des temps forts de la récente conférence de l’IAS qui eut lieu à Paris en juillet 2003, l’intervention de Christine Kafando pointa clairement la place des femmes dans la lutte contre le sida et la nécessité de prendre en compte leurs spécificités, notemment gynécologiques.

Le VIH nécessite chez les femmes des examens et des surveillances particulières. Le cas de la femme enceinte et des précautions la concernant (enfin, surtout son enfant) est assez connu, mais les lésions du col de l’utérus liées à la chute des défenses immmunitaires, la necessité de surveiller tout particulièrement les troubles hormonaux, les problèmes cardio vasculaires par exemple, sont moins souvent évoqués. Les interactions entre les contraceptifs et les traitements sont aussi méconnus. C’est donc autour de la consultation gynécologique que se joue une partie importante de l’approche du sida des femmes, en matière de recueil d’informations sur les effets des traitements, les interactions médicamenteusess notamment. Or, on sait que le suivi gynécologique au Nord, et encore plus au Sud est déficiant, faute de moyens et d’informations.

Le corps féminin absorbe différement les médicaments anti-retroviraux, leur effets secondaires ont aussi des conséquences différentes, ce qui fait se demander si les posologies sont toujours adaptées à la masse corporelle féminine...

Sous l’impulsion des militants (voir la commission femmes d’Act up par exemple), la problématique prend une place plus importante dans les discours et la recherche sur le sida depuis la fin des années 90, laissant espérer quelques progrès. Mais sans relais d’informations sur ces questions, ni de politique de prévention adaptée (le femidom est toujours trop cher et difficile à trouver) ces efforts risquent de rester sans effets d’autant plus que les inconnues en matières de traitement de sida des femmes restent nombreuses.

P.-S.

Polixene Fixy - 27 août 2003

Notes

Numéro spécial de la revue remaides publiée par l’asso aides : le bien être sexuel au féminin (Remaides - Tour Essor - 14 rue scandicci Pantin - http://aides.org- remaides@aides.org)

Il existe une cellule de sida info services à destination des migrants, en arabe, bambara, russe, anglais et espagnol lundi, mercredi et vendredi, de 14 heures à 19 heure - 0 800 840 800.

Lire : Dans la guerre contre le sida, la bataille du Fémidom doit se gagner en 2003

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0