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G8 2003 - Contre-sommet

Genève, que fait la police ?

dimanche 1er juin 2003, par Josefina Gamboa

Après 24 heures de violents heurts entre la police et des groupes de manifestants à Genève et à Lausanne, les déclarations gouvernementales sont peu convaincantes... Samedi soir, un festival était prévu à Genève. Feux au bord du lac, concerts et artistes étaient organisés pour une soirée festive qui a duré jusqu’à 23 heures, lorsque des groupes de casseurs se sont attaqués à des vitrines.

image 156 x 216 Un groupe de 300 personnes masquées et tout habillées de noir, rapides et parfaitement structurées, ont cassé les vitrines à leur passage, sans différencier les cibles, de l’Opéra au Parc des Bastions, poursuivant par Place Neuve, rue de Rhône, et le coeur de la vieille ville genevoise. Les forces de l’ordre ont brillé par leur absence, avant d’intervenir pour disperser les casseurs, près de l’Usine.
A Lausanne, lieu de départ des chefs d’Etat vers Evian, la crainte était grande et la soirée calme. Mais dimanche à l’aube, vers 5 heures de matin, la ville a connu à son tour le même scénario. Plus tard dans la journée, des manifestants ont accroché une corde pour afficher des pancartes d’un bout à l’autre d’un pont, bloquant l’autoroute. La police est arrivée, a coupé la corde, entraînant la chute de 20 mètres d’un manifestant qui se trouve dans un état très grave à l’hôpital. Les forces de l’ordre ont ensuite débarqué au camping Bourdonette de Lausanne, pour une vérification de papiers, et 500 personnes ont été arrêtées.
La manifestation pacifique de dimanche a aussi subi l’action des casseurs côté suisse. Plus de 50.000 personnes ont partagé une procession colorée, aux slogans variés et multilangues, où gens de tout âge se sont exprimés contre la dette du tiers monde, la guerre et la concentration des richesses. Si un groupe a pû détruire une station service BP, les organisateurs et les manifestants ont servi de barrage pour empêcher l’attaque d’un bureau de Poste.
Mais c’est au retour vers Genève que les barrages et les gaz ont repris la ville. De nombreux manifestants ont refusé la dispersion souhaitée, aux cris de « Allez vous coucher, flic répresseurs ! », manifestant une violence qui a duré tard dans l’après-midi.
Après 24 heures de violents heurts entre la police et des groupes de manifestants à Genève et à Lausanne, les déclarations gouvernementales sont peu convaincantes. La police genévoise, considérée comme l’une des plus rudes du monde, s’est déclarée publiquement « confuse et déstabilisée » par les incidents de la veille. Mais son retard et sa passivité témoignent plutôt d’une stratégie. Mais laquelle ? Celle de privilégier des vies humaines (remember Gênes) aux vitres ou celle de nuire au mouvement du contre-G8.
Quant aux casseurs organisés, il est aujourd’hui difficile de déterminer leur appartenance politique. A la fin d’une semaine pacifique et riche en actions et débats, il reste à découvrir si le but de cette violence est d’attirer l’attention des seigneurs du monde, ou bien de discréditer le mouvement altermondialiste pacifiste.

P.-S.

Josefina Gamboa - 1er juin 2003

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