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Femmes d’Amérique latine

samedi 31 mai 2003

La colonisation, les dictatures, la misère, ont installé en Amérique latine une violence d’Etat et civile, omniprésente – mais aussi, en contrepartie, une tradition de la lutte qui fait des Latino-Américaines des résistantes radicales, pugnaces et novatrices. Sur le terrain du combat pour la Paix, comme sur celui de l’économie solidaire, elles sont en pointe. Et c’est dans les milieux populaires que s’organisent des alternatives pour mettre un terme à l’engrenage des discriminations.

Amérique latine, terre envahie, colonisée, pillée, de toute époque.
Jadis, lors de la " conquête ", qui fut impitoyable pour les Amérindien-nes, dont les cultures niées relèvent aujourd’hui la tête (Femmes, ethnicité, et territorialité en argentine, par Martina E. Chávez).
Actuellement, par les multinationales, qui imposent des accords commerciaux indignes, et exploitent une main d’œuvre à bon marché (Zone sous influence, par Sophie Caussanel).
La colonisation, les dictatures, la misère, ont installé une violence d’Etat et civile, omniprésente – mais aussi, en contrepartie, une tradition de la lutte qui fait des Latino-Américaines des résistantes radicales, pugnaces et novatrices.

Féministes pour la Paix


Les femmes furent et demeurent très actives dans les groupes révolutionnaires. Hélas, pour y retrouver la même division sexuelle du travail, le même sexisme à l’œuvre (La lutte de libération ne libère pas la femme, par Jules Falquet).
La violence est si présente, qu’elle s’en banalise : au Mexique, une ville est depuis 10 ans le théâtre de meurtres de femmes par dizaines, sans que ni les autorités ni la population ne s’en émeuvent particulièrement (Dix ans d’impunité à Ciudad Juarez, Mexique, par Monica Ledon). Un état de fait qui n’est pas considéré comme une fatalité par les féministes, qui font de la lutte contre les violences un axe prioritaire.
Pour les Colombiennes de Ruta Pacifica, particulièrement sensibilisées dans un pays en proie aux conflits civiles, la conclusion s’impose : il faut combattre les violences sur tous les fronts, promouvoir la culture de la Paix (La Constituante émancipatoire des femmes : notre pacte pour la paix, par Andrée Michel).
En Argentine, des ouvrières luttent, elles, contre les violences économiques, chômage et pauvreté, en occupant l’usine Brukman désertée par ses patrons (Usines autogérées : femmes contre le chômage, par Martina E.Chàvez).

L’économie solidaire, une chance pour toutes


Dans tous les pays, les femmes se mobilisent contre un fléau répandu sur toute la planète : les violences conjugales.
Il ne suffit bien sûr pas de les dénoncer pour être entendues, et des Etats, les victimes n’ont pas grand chose à attendre. Partout, la démarche est la même : il faut donner aux femmes les moyens de résister. Cela veut dire, les aider à conquérir leur autonomie financière (Lucy en lutte pour l’autonomie des femmes->./article3382] par Josefina Gamboa). A améliorer leurs conditions de vie quotidienne (Entretien avec Anà Falu, du réseau Femmes et habitat, par Emmanuelle Piron). A réviser à la hausse leur image d’elles-mêmes, à prendre conscience de leurs compétences et à les valoriser (Les pratiqures innovantes des Péruviennes, par Nedda Angulo).
Le processus commence par la création d’activités économiques autonomes. Le Réseau International Femmes et Economie Solidaire initié par Les Pénélopes a vu le jour au Brésil, à Porto-Alegre, où s’activent ses plus ferventes participantes, et où la municipalité a l’intelligence de soutenir les initiatives des pauvres pour les pauvres (Citoyennes de Porto Alegre, par Dominique Foufelle].
Ce n’est qu’après avoir acquis dignité et pouvoir au sein de leurs familles, que les femmes trouvent le courage de porter leurs propositions sur la place publique (Sortir de la pauvreté pour conquérir la sphère du public, par Dominique Foufelle). Et l’Amérique latine meurtrie et exsangue a grand besoin de les écouter.

P.-S.

Dominique Foufelle - mai 2003

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