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Je vous salue, mamans

samedi 31 mai 2003, par Dominique Foufelle

Le dimanche 25 mai, en principe, vous n’avez pas fait la cuisine. Si vous êtes chanceuse, vous avez reçu un nouveau robot ménager. Mais vous a-t-on consulté plus qu’un autre jour sur les affaires du monde ? En 1870 déjà, Julia Ward Howe appelait à un rassemblement des femmes pour la paix le jour de la fête des mères : "Debout, femmes d’aujourd’hui ! Debout toutes les femmes qui ont du cœur, ou votre baptême se fera dans les larmes !"

Aux Etats-Unis, l’usage veut que le président marque la fête des mères par une déclaration. La première de ces déclarations fut écrite en 1870 par Julia Ward Howe. Elle ne fut pas présidente – hélas ! Julia Ward Howe milita contre l’esclavage et pour la paix et le désarmement, en pleine guerre de Sécession. Elle est l’auteure de " l’Hymne de la République " (1862). Elle ne figure pas dans le Robert des noms propres, contrairement à divers homonymes mâles, dont l’un s’illustra, lui, dans la marine… de guerre.

La déclaration de Julia Ward Howe
" Debout, femmes d’aujourd’hui ! Debout toutes les femmes qui ont du cœur, ou votre baptême se fera dans les larmes !
Dites fermement : " Pas de décisions prises par des bureaux incompétents. Nos maris ne viendront pas, empestant le carnage, quêter auprès de nous des caresses et des applaudissements. Nos fils ne nous seront pas pris pour qu’on leur désapprenne tout ce que nous avons pu leur apprendre de la charité, la compassion et la patience. Nous, femmes d’un pays, avons trop de tendresse pour celles d’un autre pays, pour permettre que nos fils soient entraînés à blesser les leurs. De la gorge d’une terre dévastée, s’élève notre voix, elle dit : " Désarmez ! Désarmez ! ". Le glaive du meurtre n’est pas la balance de la justice. Le sang ne lave pas le déshonneur, pas plus que la violence n’indique la possession.
Comme les hommes ont abandonné la charrue et l’enclume à l’appel de la guerre, que les femmes à présent délaissent tout ce qui peut être délaissé dans la maison, pour une grande et grave journée de délibération. Qu’elles se réunissent d’abord en tant que femmes, pour pleurer et honorer les morts. Qu’elles réfléchissent ensemble aux moyens de faire vivre en paix la grande famille humaine, chacun laissant à son tour l’empreinte sacrée, non de César, mais de Dieu.
Au nom des femmes et de l’humanité, je demande solennellement la tenue d’un congrès unitaire des femmes, sans distinction de nationalité, dans le lieu qui conviendra le mieux à ses objectifs, et le plus tôt possible, pour promouvoir l’alliance de différents pays, le règlement à l’amiable des questions internationales, les grands et universels intérêts de la paix."

Document transmis par : Institute for Public Accuracy
http://www.accuracy.org
ipa@accuracy.org

P.-S.

Dominique Foufelle – mai 2003

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