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Paroles de femmes

Tcho, 40 ans

, par Dominique Foufelle

Un des entretiens réalisés dans le cadre de la manifestation " Clichés de femmes, Clichés sur les femmes "

Tcho, 40 ans, s’exprime sur l’importance de l’éducation et des traditions familiales.

A propos de la journée internationale des femmes, des droits des femmes


Les droits des femmes c’est l’égalité avec les hommes à tous les niveaux.
La journée internationale des droits de la femme, en Chine, nous avons commencé à la fêter à partir de la Révolution culturelle. A partir de là, les femmes et les hommes sont devenus égaux en droits.
Avant, c’était la famille qui choisissait le mari et les femmes devaient rester à la maison à s’occuper des enfants et du mari, de la famille aussi quelquefois. Les femmes n’avaient pas le droit de travailler. Elles devaient servir leur mari, elles devaient tout leur faire. A partir de la Révolution culturelle, ça n’a pas changé tout de suite mais, petit à petit, les femmes ont obtenu le droit de travailler et puis les tâches domestiques ont commencé à être un peu partagées. Maintenant, en Chine, enfin là d’où je viens, c’est très libre, c’est presque comme ici. Mais, ici, c’est quand même un peu mieux.
De toute façon, ça dépend de la famille. Dans la mienne, c’est presque l’égalité, c’est-à-dire que si une femme veut faire quelque chose, elle le fait. Mais, même ici, en France, il y a encore des familles où ce sont les hommes qui décident de tout, qui commandent. Mais, dans notre famille, ça va. Par exemple, moi, j’ai choisi le mari avec qui je suis mariée.
Malgré les droits, l’éducation traditionnelle est très influente. Quand j’étais petite, on m’a appris que les femmes se doivent d’être très calmes : elle doivent aider les gens, elles doivent être gentilles, elles doivent être discrètes, elles ne doivent pas réclamer des choses. Par exemple, lorsque j’étais petite, je ne pensais pas que je pouvais faire beaucoup de choses. Malgré l’égalité, il y a des limites pour les femmes.
Même si ici j’ai plus de liberté, je fais encore beaucoup de choses à cause de mon éducation ; il y en a que je n’aime pas faire et que je fais malgré tout. Avant, je n’osais même pas dire que je n’aimais pas certaines choses. Je voulais être une femme bien donc je ne disais jamais rien, même si ça ne me plaisait pas. Et ça n’allait pas. Et puis, j’ai commencé à parler avec les autres, avec notamment un homme qui a vu que j’étais très triste. J’ai commencé à m’expliquer. Cet homme m’a donné des conseils. J’ai alors compris que je n’étais pas obligée de me taire quand ça ne me plaisait pas. Depuis cinq ans, je dis ce que je pense. Mais je continue à faire des choses que je ne veux pas faire. Il faut donc lutter, il faut être forte, notamment avec les maris parce que si on ne dit rien ça ne changera jamais. C’est pour cela qu’il faut être indépendante, qu’il faut travailler. C’est très important le travail. Il faut que les femmes travaillent, sinon elles ne peuvent rien dire.

A propos de la représentation des femmes dans les médias


Dans les médias, je n’aime pas les femmes qui sont violentes. Je préfère celles qui sont calmes, qui sont avec des enfants. Je n’aime pas les femmes qui sont nues. Je n’aime pas celles qui font plus fortes que les hommes. Je préfère qu’elles restent derrière les hommes même lorsqu’elles sont très fortes. Il ne faut pas que les femmes parlent fort, il faut qu’elles parlent doucement. Quand les femmes sont fortes, il y a toujours des problèmes. C’est à partir de ce moment-là que l’on va commencer à dire des choses derrière elles.

P.-S.

Entretien réalisé par Sabrina Lunel

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