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La résistance des jeunes se globalise

dimanche 26 janvier 2003, par Josefina Gamboa, Pénélopes

Vendredi 24, Porto Alegre, Brésil. Le rendez-vous était à 20 h, mais au FSM, et plus particulièrement côté jeunesse, ce qui compte est d’être là, peu importe quand. L’ambition était de créer un réseau international de la jeunesse résistante à la globalisation néolibérale. Par où commencer ?

L’urgence était de présenter une position solide à l’Assemblée de mouvements sociaux, prévue pour le lendemain. Sans doute, la jeunesse est un maillon fondamental dans l’ensemble des réseaux de résistance, mais certain-es ne la reconnaissent pas comme un groupe articulé. Voici donc un point à résoudre sans tarder. "Le mouvement de la jeunesse pourrait exiger que l’Assemblée se déplace au Campement pour débattre", soutenait un participant avec approbation génerale.
Est-il vraiment nécessaire de créer un nouveau réseau, différent, indépendant ? Pas d’hésitation pour la soixantaine de jeunes présents, latinoaméricains pour la plupart, mais dont la diversité imposait tout de même une traduction simultanée trilingue. En effet, étatsuniens, canadiens et européens n’ont pas manqué le rendez-vous.
Pour les jeunes présents, c’est un fait : la jeunesse est un acteur essentiel et fait partie du mouvement social. Mais pour pouvoir négocier autrement, la volonté est de former un groupe séparé, "horizontal", démocratique et ouvert. Les choses restent à approfondir...
Quico, de Rio de Janeiro, est le premier à lever énergiquement la main une fois le débat ouvert. "Ma première proposition est de promouvoir la consommation écosolidaire, et cela doit commencer d’abord dans le campment, comme une expérimentation concrète d’un autre monde possible", soutient-il dans un portugnol précis. "Au Mexique nous allons bientót célebrer les 10 ans de l’EZLN (Ejército Zapatista de Liberación Nacional), il est important de différencier actions globales, régionales, continentales et locales, sans que tout le réseau jeune soit actif de la même manière. Dans mon pays, le mouvement antiglobalisation n’est constitué que par la jeunesse, et sa forme est celle des noyaux régionaux non-hiérarchiques. Je propose de créer des coordinations aux différentes échelles géographiques", affirme-t-il énergiquement.

Les objectifs

Les points les plus difficiles semblent la définition des objectifs et de la structure. Quelques réunions précendentes ont permis de présenter des brouillons qui ont été majoritairement acceptés. La lutte internationale mais aussi locale contre la globalisation néolibérale, la récupération des valeurs de rebellion et de radicalité propres des jeunes, et la mise en orbite d’une nouvelle géneration politique qui travaillera pour la transformation, ont été acceptés comme axes de ce nouveau réseau.
En ce qui concerne la structure, défi majeur, quelques principes devront s’imposer : pas de hiérarchies, accès égalitaire pour tous les mouvements sociaux voulant s’intégrer, foncionnement par concensus, droit au désaccord, participation active et une question clé : que la communication ne reste pas uniquement virtuelle, accentuant le besoin de se rassembler, de faire prevaloir le contact humain.
Les actions de résistance et les campagnes de solidarité sont pour tous et toutes l’incontournable priorité. Faire apparaître l’existence d’un nouveau réseau jeune lors de la réunion de l’OMC prévue à Cancún (Mexique) en septembre prochain sera l’un des premiers défis. Mais la guerre ménançante est dans tous les esprits, et les jeunes décident d’une forte action le 15 février. "Le premier objectif est la lutte contre la guerre parce que la guerre est économique, sociale et militaire", déclarait un argentin présent. Ensuite, l’autodetermination des peuples et la construction d’alternatives prendront la relève.
Le 27 janvier, une marche jeune contre la guerre se terminera par une Assemblée conjointe avec celle des mouvements sociaux, où un agenda "jeune" d’actions concrètes sera présenté. "Ceux et celles qui sont engagé-es dans la lutte pour la liberté et la justice savent pertinement que l’articulation et la coordination prennent du temps". D’ici là, les jeunes ont devant eux trois jours de débat.

P.-S.

Josefina Gamboa - 25 janvier 2003

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