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Génèse du Réseau International Femmes et Economie Solidaire

lundi 20 janvier 2003, par Dominique Foufelle

Le Réseau international Femmes et économie solidaire a pour vocation d’établir une cartographie internationale des alternatives économiques portées par les femmes. Cette cartographie révèlera à la fois les obstacles rencontrés par les porteuses de ces initiatives, et les facteurs de réussite qui les unissent ou qu’elles auraient tout intérêt à partager.

Ces initiatives économiques font partie du champ de l’économie solidaire.
Que se soit sous forme de coopératives, de Gie ou d’associations, les femmes créent des entreprises d’économie solidaire, porteuses de fortes plus-values sociales. La valorisation de ces structures, de leur diversité de leurs savoir-faire et de leurs expériences mettra en lumière leur diversité et leur masse, les valeurs communes qui les animent, alliant l’économique et le social.

Echanger les savoirs, mutualiser les moyens


Basée sur une méthodologie de mise en réseau, de recherche et d’analyse, cette cartographie devra permettre la mutualisation concrète des pratiques afin de développer et de pérenniser les activités des structures d’économie solidaire. Il s’agit d’un modèle d’expérimentation, basé sur des savoir-faire concrets, destiné à être enrichi, à évoluer et à être exporté. Cela s’inscrit dans le cadre d’actions visant à informer et mobiliser des acteurs-trices locaux-les ainsi que l’opinion publique internationale sur les dysfonctionnements de notre société, les inégalités économiques, les conséquences de la mondialisation financière sur les femmes ainsi que leurs résistances, leurs initiatives et les solutions conjointes possibles face aux freins et aux obstacles rencontrés.
Cette cartographie passe par la construction d’une base de données des initiatives d’économie solidaire qui nécessite une visibilité sur tout support média.
La base de données réalisée pourra servir de centre ressource incontournable pour les acteurs-trices des collectivités territoriales. Plus globalement, cette action pourra permettre de mondialiser les expériences économiques alternatives liées à la situation des pays du Sud et de l’Est à celle des banlieues ou des zones rurales au Nord, et ainsi participer à la mondialisation de la solidarité.

Internet au service de la justice économique et sociale


L’expertise des Pénélopes en communication, et particulièrement en matière de technologies de l’information et de la communication (Tic), leur permet de mettre à la disposition des structures économiques identifiées, leur savoir-faire en termes de sites internet, d’échange via des listes de diffusion électroniques, de télévision interactive, de reportages et de documentaires vidéo, son, etc. Les Pénélopes se proposent ainsi d’être le relais de ces initiatives et d’apporter l’outil de maillage.
Les régions et les structures identifiées pour démarrer ce projet découlent des réseaux de femmes qu’elles ont constitués depuis plusieurs années au cours des diverses rencontres internationales (Pékin+5 et Prepcom en 1999-2000, Sommet pour l’annulation de la dette à Dakar en 2000, Forum social mondial en 2001, Sommet des peuples des Amériques en 2001, Rencontres sur la globalisation de la solidarité en 2001, Forum social mondial de 2002…) ainsi que des partenariats concrets qui en ont résulté : programme de formation à l’utilisation des Tic en Europe de l’Est et centrale, projet Femmes en réseau.

La stratégie de la boule de neige


Le Réseau international Femmes et économie solidaire a pris ses marques dans 5 pays (le Brésil, la France, le Québec, le Sénégal et la Yougoslavie) sur 4 continents. Il a vocation à s’élargir. D’autres pays sont en contact : Congo, Afrique du Sud, Argentine, Mexique, Haïti.
Dans chaque pays, une personne ressource a été identifiée au préalable par le réseau des Pénélopes. Chacune de ces personnes identifie ensuite les structures d’économie solidaire portée par des femmes, structures faisant partie de leurs propres réseaux. Les activités de ces structures sont d’une grande diversité. Il s’agit d’entreprises de tissage, de couture, de recyclage, de confection, de restauration-service-traiteur, de production de figurines de carnaval, d’artisanat, d’imprimerie. Ce sont aussi des entreprises d’insertion, de formation, de culture musicale, de tourisme durable, de production agricole, de mutuelle financière, d’information, etc.
La personne ressource accompagne les structures bénéficiaires et communique les résultats du relevé d’expériences par le biais d’une liste de diffusion électronique. La démarche ainsi appliquée permet de définir des objectifs précis à mettre en place grâce aux initiatives complémentaires de chaque pays, qui sont alors exportées. Les contextes nationaux seront examinés systématiquement. Il s’agit des spécificités légales, politiques, économiques, sociales et culturelles existantes au débit du projet et évoluant tout au long de son déroulement. Ces éléments permettront ainsi d’appliquer des savoir-faire exportés en fonction du contexte de chaque pays.

Des rencontres non virtuelles aussi


Chacun des pays identifiés participe à diverses rencontres locales, nationales ou internationales au cours desquelles est effectuée une présentation du Réseau international Femmes et économie solidaire.
Le coup d’envoi officiel a été donné le 13 avril 2002, à l’occasion du 5è anniversaire des Pénélopes, par un débat où participaient Florence Thémia, Djamila Maïni, Mathilde Ohin, actrices de Femmes en Réseau, volet français du projet, Marcia Bauer pour le Brésil, Branislava Bujivic pour la Yougoslavie, Katy Bâ pour le Sénégal, Marie-Josée Tardif pour le Québec.
Durant le Forum Social Mondial à Porto-Alegre, en janvier 2003, un atelier "Femmes et Economie solidaire", auquel participera une partenaire sénégalaise, permettra aux Pénélopes de faire le point en direct avec les partenaires brésiliennes, et d’informer du projet des femmes d’autres pays.

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