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Tanzanie : échanger pour lutter contre la pauvreté

vendredi 31 janvier 2003, par Dominique Foufelle

Participante de l’Assemblée mondiale de citoyens, organisée par l’Alliance pour un monde responsable et solidaire à Lille du 2 au 10 décembre 2001, Zita Nyirenda, responsable d’une ONG tanzanienne de femmes témoigne de l’impérieuse nécessité d’échanger pour construire un nouveau modèle de développement.

" J’attends de nouveaux changements ! ". Zita Nyirenda, présidente de l’ONG tanzanienne " Women initiative development activities " est formelle. Pour cette militante des droits des femmes en Afrique, l’assemblée mondiale de citoyens, qui a eu lieu à Lille du 2 au 10 décembre 2001, a permis la rencontre de personnes du monde entier et l’identification d’outils porteurs de formes nouvelles de développement : témoignages d’expériences, d’initiatives locales originales concernant l’environnement, l’éducation, la pauvreté, la santé, l’économie, les financements, la culture… " Cette rencontre est indispensable. Elle permet les échanges tant au niveau des informations que des outils de gouvernance ". Zita Nyirenda estime d’ailleurs que la charte de l’Alliance, signée par tous ses membres, représente une porte, un portail en quelque sorte, parce qu’il est partagé au niveau local comme au niveau global. Et d’affirmer : " Les gouvernements doivent agir selon la charte de l’Alliance ".

Un isolement inévitable

Women initiative development activities (Wida) regroupe 200 femmes et travaille sur tous les domaines-clés du développement : pauvreté, éducation, santé, culture, économie… En fait, l’ONG recoupe de nombreuses activités, animées par de très petits groupes, et très diversifiées. " Dans mon pays, souligne Zita Nyirenda, où communautés musulmanes et chrétiennes se comptent à égalité, les femmes sont marginalisées, elles ne sont pas habituées au processus de prise de décision, en particulier sur la question de l’accès à la terre ". C’est là que s’opère l’intervention de l’ONG. Actions de lobbying, présence dans des rencontres internationales… Le but est de rompre avec l’isolement imposé par la position géopolitique de la Tanzanie. Par exemple, il existe une seule université dans ce pays du sud du continent, ce qui est loin d’être suffisant. " Il y a des jeunes filles qui veulent continuer leurs études et qui ne peuvent pas ". Wida aide également de jeunes prostituées à sortir de cet engrenage sans fin et à créer leurs propres activités économiques. Au sein de Wida, les femmes sont organisées par groupes de cinq. Un groupe environnemental s’occupe par exemple de traiter les déchets. Concernant la recherche de financements, " on les emmène à la banque pour qu’elles aient accès à des crédits. Nous servons simplement de caution ". L’ONG a pensé créer sa propre caisse d’épargne, mais cela semble très difficile. " Nous sommes tout le temps confrontées à un décalage entre le moment où on peut obtenir l’argent et le moment où on peut acheter les fruits ". En outre, l’accroissement de la pauvreté, et l’importance du nombre de veuves, obligent à d’autres priorités.
Active dans le collège habitants-citoyens de l’Alliance, Zita Nyirenda souhaite que les représentants des organisations présentes à l’assemblée mondiale de citoyens restent en contact, une fois retournés dans leur pays respectif, afin de pérenniser des choix de développement. " Avec mon expérience de l’Afrique, je sais qu’on peut échanger des informations mais pas des financements… On est trop pauvres ".

Contact : znyienda@hotmail.com

P.-S.

Joelle Palmieri, janvier 2002

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