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Les féministes en France et en Europe sont-elles devenues des actrices politiques en vue d’une paix durable ?

vendredi 31 janvier 2003, par Dominique Foufelle

Que faut-il faire de plus pour passer de la conscience féministe à la conscience d’un féminisme antimilitariste qui n’a pas honte de ce choix politique, qui transcende une culture de guerre qui pénètre tous les aspects de la société civile et politique en Europe et en France ? Pour effectuer cette transition, il faut opérer une véritable conversion mentale, " une révolution culturelle ", disent les féministes corses, une " transgression", disent les féministes colombiennes.

Aborder cette problématique, c’est définir au préalable les significations des notions de " féministe " et "d’antimilitariste".
Les féministes se réfèrent à un mouvement social dont la raison d’être est de lutter contre toutes les atteintes aux droits et à la dignité des femmes. Elles rejettent le système patriarcal qui sévit encore aujourd’hui en pratiquant l’exclusion ou la domination des femmes dans les sous-systèmes qui le composent. Mais, en Europe et en Amérique du Nord, seule une minorité d’entre elles étendent leur analyse, et par suite leurs luttes, au système militaro-industriel, composante essentielle du patriarcat.
Etre antimilitariste est un terme préférable à celui de pacifiste car tous les politiques se disent pour la paix mais ne désarment jamais pour des raisons de pouvoir ou de profit. L’antimilitarisme caractérise un mouvement social qui rejette le militarisme, défini comme un système de croyances qui fait du recours à la force militaire l’unique solution pour résoudre des conflits, quand ces derniers auraient pu l’être par la négociation et/ou la justice économique. Le militarisme s’appuie sur la militarisation, définie par la démesure des budgets militaires, les ventes d’armes et le recours aux solutions militaires. En fait, il est difficile de définir l’antimilitarisme car, dans le discours courant comme dans les mouvements antimilitaristes, il peut revêtir deux significations très différentes et cette ambiguïté est source d’un malentendu qu’il convient de clarifier.
Pour les un-e-s, l’antimilitarisme correspond à une conception et à une attitude de refus de toute violence militaire, dans quelque circonstance que ce soit. En général, les tenants de cette conception se déclarent " pacifistes ".
Les autres fondent leur conception de l’antimilitarisme sur la philosophie de la Charte de l’ONU. Dans cette Charte, la guerre comme solution d’un conflit est illégale car les parties en conflit doivent recourir à la négociation, à la médiation et à l’arbitrage pour régler leurs différends. Dans le cas de rejet de cette solution, le Conseil de Sécurité examinera la situation et décidera des mesures non militaires à prendre pour maintenir ou rétablir la paix. Seulement en dernière instance, si les adversaires ne respectent pas les mesures prescrites, le Conseil de Sécurité pourra recourir aux forces armées des membres des Nations Unies. En outre, le droit à l’autodéfense d’un pays contre une agression extérieure est expressément reconnu avant toute intervention du Conseil de Sécurité dans l’article 51 de la Charte : " aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée".
Ces dispositions de la Charte impliquent donc le droit pour chaque nation de se doter de plusieurs moyens, militaires éventuellement, qui lui permettront de pratiquer l’autodéfense en cas d’invasion, une fois que les négociations ont échoué. Mais il exclut le droit pour chaque Etat de procéder à des dépenses militaires exorbitantes, de mener une course effrénée aux armements, de multiplier des ventes d’armes tous azimuts et de recourir à la violence armée avant de tenter d’autres alternatives.
Les membres du Conseil de Sécurité, détenteurs du droit de veto, bafouent de façon cynique ou hypocrite la signification des dispositions de la Charte de l’ONU en vue de poursuivre leur politique impérialiste de domination des peuples et de prédation des richesses de la planète. Ce n’est pas pour autant que l’on doit considérer ces prescriptions comme méprisables et refuser de les prendre comme critères dans la définition d’une résistance au militarisme. Car il s’agit là d’une première tentative des temps modernes d’interdire la violence militaire et de la limiter à des cas exceptionnels.

Comment se distribuent les féministes entre ces deux significations de l’antimilitarisme ? On constate que la grande majorité des féministes en Europe et en France se déclarent " féministes " sans se situer par rapport au militarisme. Pour elles, le système de croyances et de pratiques lié au militarisme ne fait pas l’objet d’une interrogation mais d’une évidence car, sauf exceptions, elles n’ont pas encore perçu dans le système militaro-industriel une composante- la plus emblématique sans doute- d’une société patriarcale dont elles critiquent et rejettent les autres structures. Par suite, elles stigmatisent les conséquences visiblement désastreuses de ce système mais passent sous silence son fondement moins visible. Ce qui ne veut pas dire pour autant que leur silence équivaut à une légitimation.
En résumé, on distinguera :
* les féministes qui, en France et en Europe, centrent leurs réflexions et leurs luttes sur l’obtention des droits et le respect de la dignité des femmes en dénonçant le système patriarcal mais sans se situer par rapport au système militaro-industriel qui en est une pièce maîtresse ;
* les femmes antimilitaristes ou " pacifistes " qui ne se disent pas féministes et focalisent leurs réflexions et leurs luttes sur les problèmes du désarmement, des ventes d’armes et de la guerre ;
* les féministes antimilitaristes qui revendiquent à la fois les droits humains des femmes et le droit de vivre dans une société qui ne règle pas les conflits par le surarmement, les ventes d’armes et la guerre. Elles dénoncent à la fois les violences civiles qui atteignent les femmes dans la famille et la société et les violences militaires car elles voient dans les unes et les autres des conséquences du même système patriarcal. Elles appellent donc les femmes à la résistance aux deux faces (civile et militaire) de ce système.

Devenir actrices politiques signifie influencer l’opinion publique, féminine et masculine, et par suite peser sur les décisions de l’Etat et des pouvoirs politiques, militaires, économiques, médiatiques, etc. dans la défense des objectifs que l’on s’assigne.

Dans quelle mesure ces trois groupes de femmes sont-elles devenues des actrices politiques pour une paix durables ?
* les féministes (qui ne se disent pas antimilitaristes) ont su former d’efficaces mouvements féministes et sont devenues des actrices politiques en changeant l’opinion publique et la législation sexiste en faveur des droits des femmes. On ne compte pas en effet en Europe le nombre de coalitions gouvernementales qui sont tombées ou ont été ébranlées par les revendications des femmes, entre autres, pour le droit à l’avortement ou l’égalité des salaires dans des pays aussi différents que l’Espagne, l’Italie, les Pays Bas ou l’Irlande. Ces luttes féministes représentent un grand pas vers la justice et, dans la mesure où une paix durable n’existe pas sans justice, elles ont indirectement travaillé à la paix ;
* les femmes pacifistes (qui ne se disent pas féministes) ont été des actrices politiques dans leurs luttes avec les hommes pour organiser une résistance à la violence militaire des Etats européens. En France, elles se sont opposées aux guerres coloniales où leur Etat s’est malheureusement illustré. En Europe, au cours de la " guerre froide ", avant la chute de l’Empire soviétique, les femmes pacifistes des pays membres de l’OTAN ont mené de grandes luttes contre une militarisation forcenée et ont contraint les deux grands Etats nucléaires (les Etats-Unis et l’Union Soviétique) à signer les accords Salt de réduction des armes nucléaires. Dans ces luttes où elles été nombreuses, elles ont fusionné avec les hommes dans des organisations pacifistes mixtes où elles ne luttaient pas pour les droits des femmes et où parfois elles subissaient, sans protestations suffisantes, des discriminations sexistes évidentes.
* les féministes antimilitaristes ont été des actrices politiques en luttant à la fois pour les droits des femmes et pour le rejet du militarisme mais, dans ce dernier cas, avec de grandes limitations.

En fait, les distinctions précédentes entre les groupes de femmes ne sont pas aussi rigides qu’elles apparaissent et tendent à s’atténuer dans les luttes féministes et/ou antimilitaristes en France et en Europe. On y retrouve souvent la coexistence de femmes appartenant à ces trois catégories. Elles se distinguent moins dans leurs pratiques de luttes que par leurs conceptions- d’ailleurs souvent mal définies, parfois inexistantes, du féminisme et - encore plus- de l’antimilitarisme.
La première partie de cette intervention portera sur la constitution des féministes en actrices politiques pour une paix durable en Europe et plus particulièrement en France tandis que la seconde portera sur l’examen des facteurs qui en freinent ou au contraire en favorisent l’émergence.

Des féministes et des féministes antimilitaristes d’Europe devenues des actrices politiques pour la paix

Elles ont réussi à se constituer en actrices politiques pour la paix mais avec des limitations de temps (lors des guerres de Yougoslavie et de la lutte antinucléaire) et d’espace (conflits en Corse).

Ier cas : Des féministes et des féministes antimilitaristes devenues des actrices politiques pendant les guerres de l’ex-Yougoslavie
Dès le début des années 1990 et des guerres dans l’ex-Yougoslavie, quand des milliers de femmes bosniaques, croates, serbes ont été violées par les armées et les milices en guerre, les féministes européennes ont initié une immense campagne de protestations qui a eu des échos partout dans le monde, informant sur l’existence de ces viols comme stratégie de guerre pour terroriser l’adversaire. Elles demandaient l’intervention de la communauté internationale pour mettre fin à ces viols, la constitution d’un tribunal international pour en juger les auteurs et la qualification de ces actes comme crimes de guerre et contre l’humanité. Elles ont été particulièrement actives dans leurs interventions auprès des Etats et parlementaires de leurs pays respectifs, de la Communauté Européenne et de l’ONU.
Et elles ont obtenu satisfaction, puisque, grâce à leurs pressions et malgré la résistance des Etats nationaux, l’ONU a procédé à la création d’un Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, habilité à juger les crimes commis dans l’ex-Yougoslavie. De plus, ce Tribunal a reconnu le viol des femmes en temps de guerre comme crimes contre l’humanité alors qu’au tribunal de Nuremberg, constitué pour juger les crimes des nazis commis au cours de la deuxième guerre mondiale, les crimes de viol avaient été passés sous silence et donc impunis.
Depuis les Accords de Dayton, en 1995, mettant fin à la guerre de Bosnie, elles ont poursuivi leurs luttes féministes mais elles ont cessé de se constituer en actrices politiques dans le domaine d’une paix durable alors que les facteurs de guerre et les tensions sont toujours présents dans cette région du monde et risquent de transformer la Bosnie-Herzégovine en nouvelle Palestine.
Quand elles s’expriment contre les dérives du système militaire international non seulement dans les Balkans mais aussi dans les autres régions de la planète, elles le font non pas en tant que mouvement collectif féministe mais en tant que membre d’un collectif mixte à direction généralement masculine et à efficacité limitée (associations pour la paix en Palestine, en Tchetchénie, au Tibet, en Afrique noire, etc. ).

Les féministes antimilitaristes en France utilisent aussi les sites Internet pour s’élever contre la militarisation grandissante des Etats dominants (Russie, USA, France, Angleterre, Chine, etc.) et de la planète. Les sites des Pénélopes et de SOS-Sexisme sont parmi les plus connus. Sur ces sites, des informations et articles fournissent d’excellentes analyses sur les violences militaires à travers le monde et sont lus par des femmes du monde entier Elles recueillent et diffusent également les protestations des femmes contre la violence militaire et sur leurs luttes pour la paix. Elles refusent enfin les choix militaristes inspirant la politique étrangère de l’Etat français et de ses alliés. Pour autant, on ne peut pas dire qu’elles constituent un mouvement social collectif qui les érige en actrices politiques susceptibles d’exercer un contre-pouvoir efficace à la militarisation de l’Etat français, de l’Union Européenne et des grandes puissances militaires. Elles auraient pu être ces interlocutrices de l’Etat français si elles avaient été soutenues dans le pays par un mouvement féministe antimilitariste développé, carence dont nous analyserons plus loin les facteurs.
Toutefois, en luttant contre la société patriarcale, elles ont inculqué aux femmes le sentiment de leur dignité de personne humaine. Ce faisant, elles auront travaillé indirectement pour la paix car le sentiment de leur dignité permettra plus tard aux femmes de se définir en tant que citoyennes à part entière refusant la soumission au militarisme de la société patriarcale.

Deuxième cas : Des femmes corses devenues actrices politiques
La Corse est une petite île méditerranéenne de 260.000 habitants qui, comme la Colombie, est déchirée par la violence armée. Il y sévit une sorte de guerre civile, d’une part entre l’Etat français et les nationalistes qui revendiquent l’indépendance vis-à-vis de l’Etat français, d’autre part entre clans rivaux, indépendantistes. Ces derniers, revêtus de l’auréole révolutionnaire, ont d’abord été perçus par beaucoup comme posant des revendications légitimes pour rejeter l’oppression dont la Corse se sentait victime de la part de l’Etat central. Mais il s’est bien vite avéré que, derrière ces nationalistes, sévissait l’intrusion des intérêts mafieux et des multinationales françaises ou étrangères et que les uns et les autres utilisaient la violence (meurtres, chantages, enlèvements, extorsion de fonds, etc.) pour arriver à leurs fins. Ces exactions diverses étaient couvertes par la tolérance et l’impunité de la part de l’Etat français qui avait accordé à l’île un statut particulier et de la part des clans locaux dont la pratique de l’omerta est la loi du silence.
Les féministes corses avaient depuis longtemps dénoncé les violences civiles pratiquées à l’égard des femmes dans la famille et la société (femmes battues, violées, harcelées, discriminées, etc.) et elles avaient créé une section locale de l’Association nationale " Collectif féministe contre le Viol " et ouvert des permanences de soutien aux femmes victimes des violences sexistes. Elles ont refusé la nouvelle violence politique déclenchée à l’occasion du conflit nationaliste et elles sont descendues par milliers dans les rues pour exprimer leur colère.
Une association de femmes s’est créée : " Femmes contre toutes les violences en Corse ", entièrement autonome à l’égard de tous les partis politiques dont Maïté Mariani à Bastia et ses amies assurent la coordination dans l’ensemble de la région. Ce groupe rejetait toute violence : les violences civiles contre les femmes dans la famille, la rue ou la société comme les violences armées pratiquées par les adversaires politiques. Elles ont mobilisé les femmes autour d’elles " contre la fascination de la mort et le culte morbide de la virilité "combattante" que porte en elle la société traditionnelle de la Corse. ". Ensuite, elles ont fait signer à des centaines de femmes une plate-forme pour exprimer leur refus de la violence et leur volonté d’ "aller vers une action citoyenne de femmes, qui, même célibataires ou orphelines, sans fils, sans pères, sans frères et sans cousins, auraient beaucoup à dire sur la bêtise meurtrière qui semble animer les hommes de leur pays ". Elles déclaraient enfin qu’elles étaient " conscientes qu’il ne pouvait pas y avoir de retour à la paix sans la remise au musée de toutes les armes, sans exclusive, et sans l’établissement de l’Etat de Droit ".
Résultats : Ces féministes antimilitaristes ont réussi à s’imposer comme actrices politiques dans leurs relations avec les pouvoirs publics. Elles ont modifié la politique de tolérance de l’Etat français vis-à-vis de la violence armée et l’impunité dont jouissaient les auteurs d’exactions, dénoncé les pratiques de népotisme et de corruption en vigueur dans l’administration française comme dans les clans. Elles ont été des actrices politiques au Parlement où elles ont été convoquées par les députés et sénateurs qui les ont auditionnées lors des discussions relatives à l’avenir et au statut de la Corse et dans les débats politiques organisés dans l’île.
Elles ont même réussi à être inscrites dans les nouveaux espaces du Musée pour la paix du Mémorial de la ville de Caen où figurent toutes les organisations et mouvements du monde qui luttent pour la paix. Ce Mémorial qui a été érigé en Normandie (France), en mémoire des dizaines de millions de combattants de toutes nationalités qui sont morts pour libérer l’Europe et le monde de la barbarie nazie, a été étendu à la deuxième moitié du 20e siècle.
Il conviendrait d’ailleurs que la Constituante des femmes colombiennes pour la paix s’inscrive à l’inventaire du Mémorial de Caen.
Les militantes corses de l’Association contre toutes les violences ne sont pas arrivées au bout de leur peine même si la violence semble avoir diminué un peu dans cette île. Sans se décourager et grâce au soutien de Ruptures, un collectif de réflexions et de pratiques féministes, elles poursuivent leur résistance et consolident leur influence à l’échelle nationale et internationale, en participant à des réseaux méditerranéens de luttes contre les violences armées qui sévissent dans les îles de cette région du monde (Sicile, Sardaigne, etc.).

Troisième Cas : Des féministes antinucléaires devenues actrices politiques en Europe
Elles se sont constituées en mouvement social pour lutter contre le nucléaire civil et militaire et plus particulièrement contre le nucléaire civil dont le lien est étroit avec le nucléaire militaire. Il leur apparaissait que le nucléaire représente une violence à l’égard de toutes les populations et de leur droit à l’information, à la santé et à la sécurité (de plus le problème des déchets n’est pas réglé, pas plus que celui de la sécurité des centrales, en cas notamment de tremblement de terre ou de terrorisme). Il représente aussi un danger pour la paix dans la mesure où un pays qui produit de l’énergie ou des armes nucléaires se dit contraint, pour des raisons de coût et de profit, d’en vendre à l’étranger et se rend ainsi responsable de la prolifération nucléaire. C’est le cas de l’Etat français, l’un des principaux responsables occidentaux de la prolifération nucléaire, quand il a vendu les éléments nécessaires à la production et à l’utilisation de la bombe nucléaire à des pays aussi différents que l’Irak, l’Iran, Israël, l’Inde, le Pakistan, l’Afrique du Sud de l’apartheid.
Les féministes antinucléaires ont été des actrices politiques efficientes et écoutées par les pouvoirs publics aussi longtemps qu’elles sont restées fidèles à leur programme initial de résistance au nucléaire, même après leur constitution en parti politique. En France et en Allemagne, elles ont d’ailleurs été les initiatrices les plus dynamiques de la création des partis politiques les Verts. En se regroupant, les féministes antinucléaires qui avaient été élues députées au Parlement Européen ont pu obtenir de ce dernier des crédits de reconversion afin d’inciter les industries des pays européens à transformer leurs productions militaires en productions civiles. Ce faisant, elles ont travaillé pour la paix.
En France tant que leur parti n’ait pas été gangrené de l’intérieur par la politique politicienne et les ambitions de pouvoir, elles ont été efficaces pour la protection de l’environnement et la lutte pour la paix. Ainsi elles ont obtenu, entre autres, la décision de démantèlement de Superphénix, une centrale de retraitement. Cette centrale très coûteuse, qui devait fournir à la fois de l’électricité et du matériel fissile pour l’industrie nucléaire militaire, menaçait de provoquer un nouveau Tchernobyl en Europe par suite d’une technologie défaillante. Le démantèlement n’est pas sans risque et il durera environ 15 ans !
Il semble, mais ceci est surtout valable pour la France, que l’inclusion des féministes antinucléaires européennes dans les partis politiques mixtes des Verts où les hommes soit ont repris le pouvoir, soit résistent à l’objectif d’appliquer la parité entre les genres, a beaucoup freiné la résistance de ces féministes au nucléaire militaire et à la militarisation de la société.

Deuxième partie de l’article

P.-S.

Andrée Michel - Intervention à la "Constituante émancipatoire des femmes", Bogota, 25-29 novembre 2002

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