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Violences contre les femmes : plan d’actions

lundi 30 septembre 2002, par Joëlle Palmieri

Des associations gouvernementales et non gouvernementales de sept pays d’Afrique de l’ouest ont adopté, à Ouagadougou, un plan d’actions pour combattre les violences contre les
femmes,violences qui ont un impact négatif sur le bien-être des femmes et des filles en Afrique subsaharienne.
Les 40 participants, ont ainsi demandé l’insertion, dans les manuels scolaires et dans les programmes de formation des personnels de santé, des principales formes de violences contre les femmes.
Ainsi, en Afrique de l’Ouest, les formes de violences les plus connues sont les coups et blessures, les mutilations génitales féminines, les viols, le mariage forcé ou précoce, le lévirat, les violences domestiques et psychologiques ainsi que les intimidations des enseignants sur les jeunes filles à l’école.
Ceci a pour conséquence une mauvaise santé de la reproduction des femmes et le VIH/SIDA.
Le taux d’excision varie entre 60 et 80 % selon le pays. Au Burkina, plus de 66 % des femmes ont été excisées. En Mauritanie, ce chiffre atteint 80 %.
Selon l’Organisation mondiale de la santé(OMS), 132 millions de filles et de femmes dans 28 pays africains ont subi des mutilations génitales féminines et deux millions de filles risquent d’être exposées à de tels actes de violences chaque année.
Si les mutilations génitales féminines ainsi que d’autres formes de violences comme le mariage forcé ne sont plus un sujet tabou et ont tendance à reculer en Guinée grâce à la sensibilisation, les cas de viols de femmes et de mineures par des délinquants sont en recrudescence.
Les participants ont décidé de mettre, au centre de leur plan d’actions, la sensibilisation des hommes car, à leurs yeux, ’’ils sont les principaux responsables dans la grande majorité des violences’’ contre les femmes.
Culture et traditions contribuent à donner aux femmes un statut inférieur. Par ailleurs, l’éducation des enfants sous-tend que l’homme doit dominer la femme. La pression sociale qui s’exerce en la matière est très forte.
Les participants venus de Guinée, de Sierra Léone, de Mauritanie, du Sénégal, du Mali, du Tchad et du Burkina, ont également ciblé, dans leur plan d’action, les chefs coutumiers et religieux : ’’certaines croyances religieuses et culturelles prônent, en effet la domination des hommes sur les femmes et servent à pérenniser cette suprématie de l’homme’’.
Selon Djanabou Mahonde, responsable d’un programme ’’genre’’ en Sierra Léone, pays meurtri par une décennie de guerre civile et où les femmes ont subi des violences physiques - amputées des membres - ou ont été violées, elles ont besoin du soutien des chefs coutumiers pour une prise en charge psychologique afin de les aider à réintégrer leur communauté.
Selon elle, la guerre a accentué les violences domestiques contre les femmes en raison des problèmes économiques engendrés par le conflit, d’où la mise en place de programmes de micro-crédits pour aider les femmes à entreprendre de petits commerces.
Les participants reconnaissent cependant le rôle prépondérant de la femme dans l’éducation et la transmission des valeurs culturelles aux enfants : ’’la femme a été façonnée par la société et éduquée de façon à véhiculer des valeurs qui lui sont défavorables malgré elle’’, se défend Sebgo.
Les participants préconisent une place de choix aux médias pour les actions à mener.
’’Il y a un travail d’éducation, de sensibilisation et d’information à mener afin que les victimes comprennent que des lois existent souvent qui les protègent, mais qu’elles ne connaissent pas’’, a souligné Jean-Marie Guingane, directeur des programmes de l’Association burkinabe pour le bien-être familial (ABBEF).
’’Aujourd’hui, le contexte, dans tous les pays, est favorable à une législation pour freiner les violences faites aux femmes, mais la réalité est qu’il y aura toujours une application difficile de la loi s’il n’y a pas sensibilisation sur les textes qui existent’’, explique Guingane.
Dans le plan d’actions, il est prévu des recherches sur les différentes religions, mais aussi des actions de formation à l’endroit des femmes analphabètes sur le contenu réel des livres saints par rapport à certaines formes de violences imputées aux croyances religieuses.
’’C’est parce que beaucoup de femmes n’ont pas étudié le Coran qu’elles ne connaissent pas leurs droits’’, explique Zougmore qui se félicite de l’existence, au Burkina, de cercles d’études féminines du Coran.
Source : Inter Press Service (IPS), Agence de Presse du Tiers Monde - Brahima Ouedraogo

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