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Les grossesses précoces en France

samedi 1er avril 2000, par Nicolas Bégat

A l’aube du 3e Millénaire, la France compte encore 10000 grossesses par an et pas spécialement voulues chez les ados (12-18ans) dont 2000 chez les moins de 16 ans. Elles viennent souvent de milieux défavorisés ou anti-pilules. Les relations sociales étant compliquées, elles cachent le plus longtemps possible leur état. Cela ne facilite pas un suivi médical constant. Ces grossesses sont à risque puisqu’elles peuvent provoquer des troubles de la tension. Par ailleurs, leur corps n’est pas encore arrivé à maturité que se soit en matière osseuse ou pour l’élasticité de la peau. Par contre l’accouchement pose peu de problème.
Plusieurs cas de figure se profilent dans les grossesses précoces. D’abord, la jeune fille qui s’est mariée très jeune. Il existe alors une structure familiale. Elle s’occupera de son enfant comme toutes les mères. Ensuite viennent les collégiennes, les lycéennes ou étudiantes. Elles vivent encore sous le toit de leurs parents. Leurs grossesses sont dues à la naïveté ou à l’ignorance et même à la méconnaissance des moyens contraceptifs. Parfois, cela peut-être une échappatoire aux études ou à un milieu familial pesant. En règle générale, elles sont entourées par la famille et la décision de garder l’enfant est prise collectivement. L’enfant est accueilli dans la famille avec plus ou moins de bonheur. Enfin, le dernier cas est beaucoup plus dramatique puisqu’il s’agit de l’adolescente qui est en rupture sociale et familiale. Avoir un enfant représente aux yeux de ses jeunes filles le moyen d’acquérir un statut social. C’est un moyen d’exister, d’avoir quelqu’un à aimer et surtout d’être aimée. Le suivi médical est absent car aucune déclaration n’est faite. Elles accouchent au lycée, dans les squats... Durant la grossesse, elles ont des comportements autodestructeurs. A la naissance, elles sont souvent seules et immatures pour élever un enfant. On compte beaucoup de mortalité infantile parmi les enfants de ces adolescentes.
Elles doivent arrêter leurs études ou leur formation professionnelle car rien n’est prévu pour ces gamines qui ont un enfant sans passer par la case "adulte". Assumer un bébé à 16 ans et souvent toute seule n’est pas aisé. "Délirer avec les copines" est relégué aux oubliettes !
L’interruption de grossesse (IVG) chez les jeunes filles de moins de 18 ans est de 3% en France dont 5% en Seine-Saint-Denis. Or dans le monde, il y a 50 millions d’avortements dont 500000 chez les 15-18 ans. On constate que l’IVG est devenu un mode de contraception comme un autre. En région parisienne, un avortement est pratiqué parce que 8 à 10% des jeunes filles oublient de prendre la pilule, que 71% d’entre elles ne prennent plus de contraception car trop contraignante. Par contre, il n’y en a seulement que 4% qui commencent une grossesse suite à un oubli mais il y a aussi 18% d’échec au préservatif !
Plus dramatiques, sont les situations de celles qui subissent des violences sexuelles dûes à la famille ou à un proche. En 1995, l’hôpital Médico-Judiciares Jean Verdier de Seine-Saint-Denis a enregistré 273 viols sur mineures au lieu de 135 en 1990. Mais cela ne serait que la surface de l’iceberg car 10% seulement sont signalés à la police.
Le message "Préservatif-SIDA" a eu du succès mais pas sur la "contraception". On sait que le SIDA touche les 15-20 ans (0,4%). Il y aurait selon toute vraisemblance 4 à 5000 adolescents (15 à 19 ans) contaminés mais aucune réelle étude n’a été faite à ce jour. Enfin, depuis peu, les infirmières dans les collèges et les lycées peuvent donner gratuitement la pilule du lendemain aux jeunes filles (décision de Ségolène Royale).


Quelques sites à consulter
Le ministère de la Santé
Vous pourrez consulter le rapport sur la prévention et la prise en charge des grossesses des adolescentes
http://www.sante.gouv.fr

Un planning familial en Belgique
avec de nombreux liens internationaux
http://www.ping.be/planning.familial

La carte de France des plannings familiaux
http://www.nett.tm.fr/info

P.-S.

Pascale Gimenes

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