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Je frime, donc je suis

lundi 1er mai 2000, par Nicolas Bégat

Avec les longs week-ends de printemps, reviennent les sanglants bilans des tragédies routières, et les déclarations énergiques du ministère ad hoc. Jean-Claude Gayssot s’est fixé " d’éradiquer dès l’école ces mauvais comportements ", soutenu par Jack Lang, qui promet une sensibilisation à la sécurité routière pour nos cher-e-s petit-e-s. Apprendre le risque et inculquer le civisme figurent au programme. Bon début. Mais ne serait-il pas opportun de se demander pourquoi les conducteurs meurtriers sont rarement des conductrices ? Les causes principales des accidents graves ne sont un secret pour personne : alcool, vitesse excessive. Ne reconnaît-on pas là deux classiques de l’initiation d’un jeune mâle : savoir boire, braver le danger ? Auxquels s’ajoute la nécessité d’épater les filles, condition indispensable pour les sauter. D’où, forcément, compétition avec les autres mâles de la meute et surenchère dans les conduites à risque. Tant que les valeurs dites viriles seront inculquées aux garçons, peut-on raisonnablement espérer qu’ils les abandonnent en prenant le volant ? L’apprentissage urgent, celui qui permettrait de traiter le mal à sa racine, c’est celui de la véritable mixité.

P.-S.

Dominique Foufelle

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