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Le prix du baiser

vendredi 1er décembre 2000, par Nicolas Bégat

Pendant les fêtes, la pression monte dans les spots publicitaires américains : il FAUT acheter un diamant à sa dulcinée. Le nombre de publicités pour les diamants est inégalé en Europe, la concurrence est rude et le cliché toujours le même : un homme gagne le respect éternel de sa compagne en lui offrant un solitaire. Kay, une chaîne multinationale de bijouteries, gagne le prix de la pub télé la plus sexiste de Noël. L’histoire : une jeune femme reçoit un diamant et déborde alors d’amour pour son généreux compagnon. Mais le slogan vient couronner et aggraver le stéréotype : " Every kiss begins with Kay ", annonce une voix féminine. En gros, puisque " tous les baisers commencent avec Kay ", donc avec un diamant, il faut un diamant aux femmes pour qu’elles se laissent embrasser.
Ringard ? Sans aucun doute. Mais à l’heure où des soldats allemands de la KFOR admettent avoir fréquenté les bordels de Macédoine peuplés d’adolescentes avec la bénédiction de leurs supérieurs, qui pourrait trouver risible cette banalisation de la prostitution ? Une récente enquête nationale a estimé à 48 000 le nombre de femmes ayant subi un viol durant l’année 1999 en France. La chair fraîche et les œillades alanguies qui s’étalent étalés sur les murs de nos villes ne sont certes pas pour inciter nos concitoyens au respect ! Le corps des femmes est utilisé pour vendre n’importe quelle marchandise. De là à en conclure qu’il est une marchandise, il n’y a qu’un pas. Les plus riches la paie en diamants, les autres la vole.

P.-S.

Dominique Foufelle

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